
Deux géants du continent s’affronteront dans un match typiquement africain, promettant de captiver l’attention mondiale : des locaux sous pression face à un Nigeria spectaculaire, déterminé à créer la surprise pour se qualifier en finale dimanche.
Le Maroc porté par l’histoire et son public
En atteignant les demi-finales, le Maroc a déjà marqué l’histoire : c’est leur première apparition à ce stade de la compétition depuis 22 ans.
Leur parcours sur leur terre natale a été marqué par la régularité, la conviction et le soutien retentissant d’un public local qui a fait la différence à chaque étape.
Les Lions de l’Atlas comptent bien profiter de leur environnement familier et de leur ferveur populaire pour viser une place en finale et tenter de décrocher un deuxième titre continental, après leur premier sacre en 1976.
Le Nigeria en quête de rédemption et de retour au sommet
De l’autre côté, le Nigeria arrive avec un compte à régler. Finalistes de la dernière édition, les Super Eagles sont bien décidés à racheter leur déception de 2023 et à reconquérir le trophée de la CAN, pour la première fois depuis 2013.
Ils abordent la demi-finale avec assurance, portés par leur expérience au plus haut niveau et un caractère compétitif affirmé qui les a souvent tirés vers le haut, notamment dans les rencontres décisives.
Duel tactique : Regragui contre Chelle
Un passionnant affrontement stratégique s’annonce entre les deux stratèges, le Marocain Walid Regragui et le Malien Éric Chelle, qui dirige le Nigeria.
L’organisation compacte du Maroc, sa rigueur défensive et ses transitions rapides seront mises à l’épreuve face à la puissance physique du Nigeria, son audace offensive et son expérience des grands rendez-vous. Avec des écarts qui s’annoncent minimes, les détails pourraient s’avérer décisifs pour déterminer qui se qualifiera pour la finale.
Étoiles sous les projecteurs et puissance du 12ᵉ homme
Le Maroc comptera largement sur la forme de Brahim Díaz, dont l’influence et les cinq buts cruciaux ont illuminé le tournoi, aux côtés du capitaine Achraf Hakimi, dont l’équilibre entre défense et attaque s’est révélé essentiel.
Le public de Rabat devrait jouer un rôle central une fois de plus, créant une atmosphère électrique susceptible de porter les locaux à un niveau supérieur.
Le Nigeria, quant à lui, dispose d’armes offensives redoutables. Victor Osimhen apporte puissance et présence dans la surface de réparation, tandis qu’Ademola Lookman offre vitesse et créativité, constituant un sérieux test pour la défense marocaine.
Les deux, Lookman et Osimhen, totalisent ensemble sept buts pour le Nigeria. Osimhen en a marqué quatre, tandis que Lookman en compte trois, ce qui ne reflète qu’en partie leur force offensive.
Les joueurs s’expriment : une soif d’écrire l’histoire
Le gardien marocain Monir El Kajoui a souligné la concentration régnant dans le groupe. « En tant que joueurs, nous entendons tout, mais nous savons que la vraie réponse doit venir sur le terrain. Nous nous concentrons sur notre travail, faisons confiance à l’entraîneur et au groupe, et notre objectif est toujours d’honorer le maillot national et de donner le meilleur de nous-mêmes », déclare-t-il.
L’attaquant nigérian Alex Iwobi a fait écho à l’état d’esprit des Super Eagles. « Il y a un grand courage et une forte solidarité. Tout le monde se sent comme en famille dans l’équipe nigériane. Que ce soit pour les qualifications à la Coupe du Monde ou la CAN, nous donnons toujours tout pour gagner, notre mentalité reste la même. Même dans les moments difficiles, nous transformons la déception en motivation supplémentaire pour notre pays, nos familles et nous-mêmes », explique-t-il.
Sous les lumières de Rabat, le Maroc cherchera à vivre une nouvelle nuit historique, tandis que le Nigeria misera sur l’expérience et l’ambition. Au coup de sifflet, seul ce qui se déroulera sur le terrain décidera qui franchira la dernière marche vers la gloire continentale.
Ce qu’ont déclaré les sélectionneurs
Éric Chelle (sélectionneur du Nigeria)
“À ce stade de la compétition, les choix doivent être clairs. J’ai la chance de travailler avec des joueurs de haut niveau, et quand on a dans son effectif des lauréats du Joueur africain de l’année CAF, ce n’est jamais simple. Notre force réside dans l’acceptation collective de ces décisions, car l’équipe nationale passe toujours avant tout.
Le Maroc est une équipe solide, avec des qualités et des faiblesses. Brahim Díaz est un bon joueur, et l’équipe marocaine dans son ensemble est très forte. Nous sommes prêts pour tous les scénarios. Nous donnerons tout et aborderons chaque match comme s’il était le dernier ».
Walid Regragui (sélectionneur du Maroc)
« Quand on entraîne l’équipe nationale marocaine, chaque résultat est passé au crible. C’est une réalité. Je donne tout pour mon pays. Oui, des erreurs peuvent arriver, cela fait partie du parcours d’un entraîneur. Mon attention est entièrement tournée vers notre équipe, car c’est ce qui compte le plus. Je me bats pour mon pays et j’accepte les critiques qui vont avec.
Une demi-finale de CAN est différente d’une demi-finale de Coupe du Monde. Avant, nous étions perçus comme une surprise. Maintenant, les attentes sont différentes, et notre objectif est d’atteindre la finale et de soulever le trophée continental »
La stat
Ce sera la sixième confrontation entre le Maroc et le Nigeria dans l’histoire de la CAN, et leur première rencontre en 22 ans dans ce tournoi. Les deux équipes s’affrontent en demi-finale pour seulement la deuxième fois, le Nigeria avait remporté le précédent choc en demi-finale 1-0 en 1980.
Leur première rencontre en CAN remonte à 1976, lors de la phase de groupes.