
Lorsque le Maroc et le Sénégal entreront sur la pelouse pour disputer la finale de la CAN 2025, c’est bien plus qu’un simple titre continental qui se jouera. Derrière l’affiche prestigieuse, derrière l’enjeu suprême, se dessine une autre histoire, plus souterraine mais tout aussi fondatrice : celle du TotalEnergies CAF Championnat d’Afrique des Nations (CHAN), cette compétition longtemps considérée comme un laboratoire, devenue au fil des éditions un véritable creuset d’élite.
La finale Maroc–Sénégal, de ce dimanche 18 janvier, porte en elle l’empreinte profonde du CHAN. Plusieurs des acteurs majeurs de ce rendez-vous ultime y ont forgé leur caractère, bâti leur réputation et amorcé leur trajectoire vers les sommets du football africain.
Ayoub El Kaabi, le symbole absolu
Impossible d’évoquer ce lien sans commencer par Ayoub El Kaabi. L’attaquant marocain est, à lui seul, une légende vivante du CHAN. Double vainqueur de la compétition en 2018 et 2020, il en est aussi le meilleur buteur de l’histoire avec 9 réalisations.
Révélé au grand public lors du CHAN 2018, où il avait affolé les compteurs, El Kaabi a incarné cette passerelle idéale entre football local et très haut niveau international. Sa présence en finale de la CAN 2025 rappelle que le CHAN n’est pas une fin en soi, mais bien un point de départ. Aujourd’hui leader offensif du Maroc, il reste le témoignage le plus éclatant de la valeur du football domestique africain.
Soufiane Rahimi, l’excellence récompensée
À ses côtés, Soufiane Rahimi symbolise une autre réussite marocaine issue du CHAN. Lors de l’édition 2020, il avait survolé la compétition, décrochant à la fois le titre de meilleur joueur et celui de meilleur buteur avec 5 buts.
Sa capacité à faire la différence dans les grands rendez-vous, son intelligence de jeu et son sens du collectif avaient marqué les esprits. En finale de la CAN 2025, Rahimi revient sur une scène qu’il connaît parfaitement : celle où l’on ne juge pas seulement le talent, mais la capacité à répondre présent quand l’histoire s’écrit.
Une ossature marocaine façonnée au CHAN
La profondeur de cette filiation marocaine se retrouve également dans la ligne défensive. Nayef Aguerd, présent lors du CHAN 2018, y a appris les exigences du très haut niveau continental avant de devenir l’un des défenseurs centraux les plus fiables du continent.
À ses côtés, Jawad El Yamiq, autre produit de cette génération CHAN, incarne la continuité d’un modèle marocain fondé sur la formation, la progression interne et la valorisation des talents locaux.
Plus récemment, El Mehdi Al Harrar, vainqueur du CHAN 2025, s’inscrit dans cette même dynamique. Sa présence dans le groupe finaliste de la CAN confirme que le Maroc continue de considérer le CHAN non comme une compétition parallèle, mais comme un pilier stratégique de son projet sportif.
Lamine Camara, le joyau sénégalais
Côté sénégalais, le CHAN a également joué un rôle clé dans l’émergence de talents appelés à durer. Lamine Camara, vainqueur du CHAN 2022, avait été élu meilleur joueur de la finale, impressionnant par sa maturité, sa justesse technique et son leadership précoce.
Aujourd’hui, le voir disputer une finale de CAN s’inscrit dans une logique naturelle. Le Sénégal, à l’image du Maroc, a su utiliser le CHAN comme un espace d’identification et de consolidation de profils capables de franchir le cap vers l’élite continentale.
Pape Thiaw, un entraîneur entre deux mondes
Mais l’ADN du CHAN dans cette finale ne se limite pas aux joueurs. Il se retrouve aussi sur le banc. Pape Thiaw entre dans l’histoire en devenant le premier entraîneur à disputer une finale du CHAN puis une finale de la CAN.
Ce parcours singulier illustre parfaitement la complémentarité entre les deux compétitions. Le technicien sénégalais a su transposer les exigences, la rigueur et l’approche collective du CHAN au plus haut niveau africain. Son itinéraire témoigne d’une réalité souvent sous-estimée : le CHAN est aussi un terrain de formation pour les entraîneurs, un espace d’expérimentation tactique et humaine