
À trois jours du coup d’envoi de la TotalEnergies CAF Coupe d’Afrique des Nations, Maroc 2025, le football africain se tourne une nouvelle fois vers une compétition où chaque ballon touché charrie son poids d’histoire.
Dimanche, lorsque le Maroc hôte défiera les Comores à Rabat, une nouvelle page s’ouvrira — écrite toutefois à l’encre de records forgés sur près de 70 ans de joutes continentales.
La CAN a toujours été un terrain d’épreuve, pas seulement pour les équipes, mais pour l’endurance, la constance, la domination et ces éclairs de génie qui marquent à jamais une compétition.
Certains joueurs ont défini le tournoi par leur longévité. D’autres par des buts qui ont fait basculer des matches, des éditions entières — parfois même le récit d’une nation.
Alors que 24 sélections débarquent au Maroc avec ambition et convictions, ces records s’imposent comme les repères que tous, consciemment ou non, tenteront d’approcher au cours du mois à venir.

8 phases finales
Codétenteurs du record
Rigobert Song (Cameroun) : 1996, 1998, 2000, 2002, 2004, 2006, 2008, 2010
Ahmed Hassan (Égypte) : 1996–2010
Andre Ayew (Ghana) : 2008–2023
Youssef Msakni (Tunisie) : 2010–2023
Rigobert Song (Cameroun) : 1996, 1998, 2000, 2002, 2004, 2006, 2008, 2010
Ahmed Hassan (Égypte) : 1996–2010
Andre Ayew (Ghana) : 2008–2023
Youssef Msakni (Tunisie) : 2010–2023
Disputer huit CAN relève d’une longévité exceptionnelle au plus haut niveau du football africain. Rigobert Song et Ahmed Hassan ont fixé le standard dès la fin des années 1990, traversant générations de coéquipiers et d’adversaires, tandis qu’Andre Ayew et Youssef Msakni ont prolongé cet héritage à l’ère moderne.
Chacun a incarné bien plus que son pays : une époque. Tous ont résisté aux évolutions tactiques, aux exigences physiques et à une concurrence toujours plus dense. À l’aube de Maroc 2025, ils demeurent la référence absolue en matière de durabilité sur le continent.

36 matches
Codétenteurs du record
Rigobert Song (Cameroun)
Andre Ayew (Ghana)
Rigobert Song (Cameroun)
Andre Ayew (Ghana)
Au-delà des participations, Song et Ayew partagent aussi le record du nombre de matches disputés en phase finale, avec 36 apparitions chacun. Le total de Song s’inscrit dans la domination camerounaise de la fin des années 1990 et du début des années 2000, quand Ayew symbolise la constance du Ghana sur quatre décennies différentes.
Collectivement, l’Égypte reste la nation la plus présente de l’histoire du tournoi, avec 111 matches disputés en phase finale, confirmant son statut de référence absolue de la CAN.

4 titres
Codétenteurs du record
Ahmed Hassan (Égypte) : 1998, 2006, 2008, 2010
Essam El Hadary (Égypte) : 1998, 2006, 2008, 2010
Ahmed Hassan (Égypte) : 1998, 2006, 2008, 2010
Essam El Hadary (Égypte) : 1998, 2006, 2008, 2010
Aucun joueur ne symbolise mieux la domination de la CAN qu’Ahmed Hassan et Essam El Hadary. Tous deux furent des piliers des Pharaons lors de l’incroyable triplé consécutif entre 2006 et 2010, après un premier sacre en 1998.
Le leadership d’Hassan au milieu et la présence rassurante d’El Hadary dans les buts ont façonné l’ère la plus prolifique de l’histoire de la compétition — un niveau d’excellence durable qu’aucune sélection n’a encore égalé.

9 buts
Détenteur du record
Pierre Ndaye Mulamba (RD Congo / Zaïre) – 1974
Pierre Ndaye Mulamba (RD Congo / Zaïre) – 1974
Lors de la CAN 1974 en Égypte, Mulamba a signé une campagne offensive hors normes, restée inégalée plus d’un demi-siècle plus tard. Ses neuf buts ont porté le Zaïre jusqu’au titre, dont les quatre inscrits lors de la finale rejouée en deux matches face à la Zambie.
Meilleur buteur et meilleur joueur du tournoi, Mulamba s’est imposé comme l’une des figures les plus décisives de l’histoire de la CAN. Tous les attaquants attendus au Maroc connaissent ce chiffre : c’est le sommet absolu.
5 buts
Détenteur du record
Laurent Pokou (Côte d’Ivoire) – 1970
Laurent Pokou (Côte d’Ivoire) – 1970
À la CAN 1970 en Éthiopie, Pokou inscrit cinq buts lors d’un succès 6-1 face au pays hôte, un exploit qui lui vaut le surnom de « l’homme d’Asmara », la ville où se disputait la rencontre.
Il s’agit encore aujourd’hui de la meilleure performance individuelle sur un match de CAN, un coup d’éclat qui a fait de Pokou une icône continentale en une seule soirée.
Égypte 6–3 Nigeria (1963)
Chiffres clés
Total de buts : 9
Stade : Baba Yara Stadium, Ghana
Tournoi : CAN 1963
Total de buts : 9
Stade : Baba Yara Stadium, Ghana
Tournoi : CAN 1963
Le match le plus riche en buts de l’histoire de la CAN remonte à l’édition 1963, lorsque l’Égypte s’impose 6-3 face au Nigeria. Une rencontre unique, marquée par deux triplés inscrits dans le même match, tous deux par des Égyptiens : Hassan El-Shazly et Reda.
La rencontre reste aussi historique pour le Nigeria, Asuquo Ekpe y inscrivant le tout premier but nigérian en CAN. Soixante ans plus tard, aucune affiche n’a égalé une telle débauche offensive.
23 secondes
Détenteur du record
Ayman Mansour (Égypte) – 1994
Ayman Mansour (Égypte) – 1994
Mansour frappe après seulement 23 secondes face au Gabon lors de la CAN 1994 en Tunisie, dans un match remporté 4-0 par l’Égypte.
À l’ouverture de Maroc 2025 dimanche, c’est sans doute le premier record susceptible de tomber — preuve que l’histoire peut basculer en un éclair.
18 buts
Détenteur du record
Samuel Eto’o (Cameroun)
Samuel Eto’o (Cameroun)
Sur six éditions disputées entre 2000 et 2010, Eto’o est devenu le meilleur buteur de l’histoire de la CAN. Double champion d’Afrique et double Soulier d’or, il a incarné une ère de domination camerounaise.
Son total demeure la référence ultime en matière de régularité au plus haut niveau continental.
2 triplés
Détenteur du record
Hassan El-Shazly (Égypte)
Hassan El-Shazly (Égypte)
El-Shazly reste le seul joueur à avoir signé deux triplés en CAN, tous deux face au Nigeria — en 1963 puis en 1970. Avec six buts lors de l’édition 1963, il termine meilleur buteur et figure centrale des débuts de la compétition.
Dimanche, lorsque le Maroc accueillera les Comores, la chasse aux records reprendra. Certains tomberont. La plupart résisteront.
Mais chaque match se jouera dans l’ombre de ces légendes qui ont défini, pour toujours, ce que signifie la grandeur sur la plus grande scène du football africain.