
L’OM sort d’un mercato d’hiver aussi dense que mouvementé, à l’image d’une saison qui ne laisse aucun répit. Dans le sens des arrivées, le club phocéen a enregistré les recrutements de Tochukwu Nnadi, Quinten Timber et Himad Abdelli, tout en s’offrant le prêt d’Ethan Nwaneri, pépite d’Arsenal, moyennant 1,5 million d’euros. Une activité qui place l’OM parmi les clubs les plus actifs de l’hiver, seul Lyon ayant fait davantage avec cinq recrues, même si Martín Satriano n’aura fait qu’un passage éclair avant de repartir à Getafe. Ce mercato s’est déroulé dans un contexte particulièrement lourd avec l’élimination récente en Ligue des Champions, une frustration immense après la remontada concédée face au Paris FC (2-2) ce week-end à Jean-Bouin, et un climat interne sous tension. La rétrogradation de Murillo en réserve, l’altercation entre Kondogbia et Vermeeren, la menace de démission deRoberto De Zerbiaprès Bruges, suivie d’une longue réunion nocturne avec Medhi Benatia et Pablo Longoria, ont illustré une période de turbulences où chaque décision comptait double. Dans ce paysage agité, un fil conducteur revient avec insistance : les liens de plus en plus étroits entre l’OM et l’Italie, et plus particulièrement avecSassuolo.
Depuis plusieurs saisons, laSerie Aest devenue une terre de passage privilégiée pour le club marseillais, que ce soit pour recruter ou pour vendre. Côté départs définitifs, l’OM a notamment conclu la vente de Robinio Vaz à l’AS Rome,mais aussi celles de Darryl Bakolaet Ismaël Koné, tous deux à destination de Sassuolo pour 10 M€ chacun. Les prêts avec option d’achat ont également jalonné cette relation transalpineavec le prêt d’Ulisses Garcia, dont l’option d’achat est fixée à 4 M€, chez les Neroverdi. Pour rappel, l’OM a multiplié les ventes vers l’Italie ces dernières années : Derek Cornelius et Faris Moumbagna à la Cremonese, Ruslan Malinovskyi, Kevin Strootman et Vitinha au Genoa, Sead Kolašinac à l’Atalanta, Luis Henrique à l’Inter, Jonathan Rowe à Bologne, Nemanja Radonjic au Torino, Samuel Gigot et Mattéo Guendouzi à la Lazio, sans oublier Arkadiusz Milik à la Juventus, ou encore le prêt de Pol Lirola à Frosinone. Des mouvements qui ont renforcé cette habitude italienne, tandis que Maxime Lopez, vendu à Sassuolo dès 2020, symbolisait déjà cette passerelle sous l’ère Longoria.
Cet hiver, Sassuolo s’est encore imposé comme un interlocuteur privilégié, presque naturel, pour finaliser certains dossiers marseillais. Les ventes de Bakola, Garcia et Koné ont cristallisé cette relation. Dans le cas d’Ismaël Koné, le lien était déjà solidement établi. Prêté auparavant, le milieu a convaincu les dirigeants italiens, qui n’ont pas hésité à lever l’option d’achat dès l’ouverture du mercato. Même logique pour Ulisses Garcia, profil apprécié pour sa polyvalence et son expérience, dans une opération maîtrisée financièrement. Pour l’OM, ces transactions ont permis de dégager de la masse salariale, de sécuriser des liquidités immédiates et de poursuivre un rééquilibrage d’effectif devenu nécessaire dans un contexte sportif fragile. Pour Sassuolo, il s’agissait de renforcer son projet avec des joueurs déjà suivis, connus, et intégrables sans risque majeur. Un gagnant-gagnant qui commence à ressembler à une routine.