
En écartant quatre joueurs, dont deux capitaines,Kombouaré a pris un risque considérable pour sa première, au point de fissurer potentiellement son vestiaire en cas de contre-performance. Une défaite aurait ouvert le débat sur sa méthode et un nul aurait nourri les doutes. Il a obtenu une victoire pleine de caractère, contre un concurrent direct, dans un match sous tension. Difficilement pronostiquable au regard de la dynamique récente du club, ce succès valide déjà, au moins provisoirement, son approche sans concession. Le message est passé et le statut ne protège plus, seule la performance compte. «Ce sont des choix tout simples. J’ai regardé pas mal de matchs. Après, sur ce que j’ai vu et ce que je vais demander, il y a des joueurs qui, aujourd’hui, sont en capacité de mieux le faire. Alors c’est sur l’instant. Mais ce que je leur ai dit, que ce soit à Maxime (Lopez), que ce soit à Timothée Kolodziejczak ou à Willem Geubbels… Qu’ils travaillent et puis, qu’ils me montrent qu’ils ne lâchent pas et, à un moment donné, ils auront leur chance. La difficulté que j’ai moi, c’est de faire des choix, de prendre des décisions, donc ça ne plaît pas toujours. Et puis eux, ils ont le sentiment que c’est une injustice. Mais je comprends ça pour avoir été un jour (à leur place), je le comprends. Ce qui est important aujourd’hui, c’est que ceux qui étaient là ont montré qu’ils étaient capables de relever le défi. Et pour ceux qui sont à l’écart du groupe, faut pas qu’ils lâchent, on ne sait jamais, on aura besoin de tout le monde jusqu’à la fin de la saison. La vérité d’aujourd’hui n’est pas celle de demain ? C’est tellement fragile que je ne me la raconte pas, surtout pas». En une semaine, le Kanak a remis de l’ordre, redonné une colonne vertébrale à son équipe et insufflé une forme de foi collective. Le Paris FC n’est pas encore sauvé, loin de là, mais cette première réussie ressemble à un tournant, et à un pari gagné.