
Mais un élément du groupe madrilène, qui a préféré garder son anonymat, a échangé avec laCadena SER. Et son discours, qui reflète celui de l’équipe, ne ressemble pas à celui de son coach.« Il ne nous reste plus que la Ligue des Champions », a-t-il admis à la radio espagnole, estimant donc que le titre semble perdu en championnat. Le média a aussi partagé la pensée du groupe après ce revers contre Getafe.« La Ligue des champions est notre seul espoir», estime-t-on dans l’intimité du vestiaire. Pourtant, tout est encore mathématiquement possible en Liga. L’écart n’est pas abyssal avec les Culés. Mais certains, dont le journaliste deASTomas Roncero, estiment qu’il y a trop de soucis à Madrid pour espérer mieux.
« Ce Real Madrid n’est pas à la hauteur (…) Le Real Madrid a laissé filer le titre de champion au vu de son jeu actuel. Mathématiquement, il y a encore une chance, mais trop de choses ne vont pas. À chaque fois qu’on s’emballe après quelques bons matchs, on a l’impression qu’ils sont sur une bonne lancée, et puis d’un coup, patatras ! Ils ne donnent plus rien, ils jouent sans âme. Depuis notre quinzième victoire en Ligue des Champions à Wembley, l’effectif n’a cessé de perdre de sa valeur, et par-dessus le marché des transferts, nous avons perdu notre avantage concurrentiel. L’équipe s’est progressivement dévalorisée, et les éléments nécessaires n’ont pas été remplacés. »
Le journaliste a ajouté :«ce Real Madrid manque de leaders comme Sergio Ramos ou Pepe. Cette salade est sans vinaigre, sans huile et sans sel. En temps normal, j’aurais refusé le match nul, mais après aujourd’hui (hier), sans hésiter, je l’aurais fait. Mon optimisme concernant le match contre City s’est envolé aujourd’hui (hier). On ne peut pas tromper les supporters du Real Madrid, et ils commencent à comprendre que les joueurs ne sont plus capables de mieux. »Au-delà du jeu proposé, qui n’est pas à la hauteur, les attitudes font grincer des dents. Hier soir, certains supporters ont sifflé les joueurs une partie du match, tout comme le coach dont certains choix n’ont pas été compris. Le président Florentino Pérez en a aussi pris pour son grade puisque des«Florentino, démission»ont été de nouveau entendus au stade.
C’est tout un club qui est touché. Les joueurs en tête.« On ressent un profond désespoir, une grande tristesse, un sentiment de deuil et d’impuissance absolue », a avoué Javier Herráez, qui suit le club sur laCadena SER. Le malaise est palpable. Cela va dans le sens des déclarations d’Edu Aguirre, proche du vestiaire madrilène. Dans l’émissionEl Chiringuito, il a fait un état des lieux.« Beaucoup de gens sont très susceptibles. Autrement dit, si quelqu’un élève la voix ou attire l’attention d’un autre sur quelque chose, cette personne se met en colère et s’emporte. Et une dispute éclate. Voilà ce qui se passe : dès qu’un poids lourd élève la voix dans les vestiaires, les accusations fusent. C’est inquiétant qu’il n’y ait pas deux ou trois leaders capables de dire les choses clairement. La tension est palpable.»
Mundo Deportivoévoque aussi des«tensions dans le vestiaire».Sport, qui a titré«le Real Madrid renonce au titre de champion», aussi.«Au-delà de la piètre performance à domicile face à Getafe, le Real Madrid était loin d’afficher un visage compétitif. Certains joueurs, comme Rüdiger, qui a (en toute impunité) ajouté un nouvel acte antisportif à son palmarès, Mastantuono, expulsé pour contestation, et Vinicius, impliqué dans des altercations avec plusieurs adversaires, ont perdu leur sang-froid, témoignant clairement de la frustration qui régnait dans le vestiaire.»Ce dont est conscient le coach.«Arbeloa est le premier à voir ce qui se passe, mais il ne peut pas l’exprimer comme nous», a assuré Manu Carreño sur laSER.Marcaconclut en évoquant une«crise». Le mal est profond.