
Les critiques visant Gianni Infantino se multiplient depuis plusieurs mois et l’actuel patron de la FIFA apparaît de plus en plus isolé face aux reproches. Sa proximité affichée avec plusieurs dirigeants politiques, dont Donald Trump lors d’événements publics récents, alimente les soupçons d’un président davantage tourné vers les cercles de pouvoir que vers la défense des valeurs du football. Dans le même temps, ses prises de position sur les grands conflits internationaux sont jugées extrêmement timides. L’instance mondiale avait rapidement sanctionné la Russie après l’invasion de l’Ukraine en 2022, excluant la sélection et les clubs russes des compétitions. En revanche, la FIFA est restée beaucoup plus silencieuse concernant la guerre entre Israël et le Hamas à Gaza, suscitant des accusations de traitement à géométrie variable. Même constat au sujet de la situation en Iran où les questions liées aux droits des femmes et au football ont rarement provoqué de réactions fortes de Zurich, pas plus depuis les manifestations de janvier où l régime a tué 30 000 personnes ou les bombardements de février.
La relation entre les deux hommes est glaciale depuis plusieurs années. Platini n’a jamais digéré l’épisode judiciaire qui a brisé sa candidature à la présidence de la FIFA en 2015. «C’est un bon secrétaire général qui faisait travailler l’équipe, mais président, c’est autre chose. Il faut être numéro 10. Il est très fan des gens qui sont riches et qui ont du pouvoir. Il a toujours été comme ça. Mais quand il était secrétaire général, il avait un président et d’autres personnes à l’UEFA qui le géraient. Je pense qu’il a profité de mes problèmes, mais je ne pense pas qu’il m’ait fait du mal. Je ne pense pas qu’il l’a voulu. Ensuite, il m’a mis au pénal parce qu’il ne voulait pas que je revienne, certes, mais il n’est pas à l’origine de cette affaire». L’ex-dirigeant français, finalement acquitté aux côtés de Sepp Blatter après près de dix ans de procédure en Suisse, reste persuadé que son ancien collaborateur a profité du contexte pour accéder au sommet du football mondial. Même s’il affirme aujourd’hui ne pas penser qu’Infantino soit à l’origine directe de l’affaire, la fracture entre les deux hommes semble désormais irréversible.