
Pour beaucoup,Diego Simeoneest la plus grande légende de l’Atlético de Madrid, ayant dépassé des monuments comme Luis Aragonés, Adelardo, Fernando Torres ou même Antoine Griezmann, qui peut aussi s’asseoir à cette table. Il faut dire que celui qui avait déjà porté la tunique du club dans sa carrière de joueur a tout simplement remis le club sur pattes lors de son arrivée sur le banc du Vicente Calderon en 2011. Sous ses ordres, les Colchoneros sont passés de club qui vivotait dans la première partie de tableau sans trop d’ambition, avec de gros problèmes financiers et institutionnels, à devenir un club redouté, d’abord en Espagne, puis en Europe, remportant 2 Ligas face au Real Madrid et au FC Barcelone notamment, disputant aussi 2 finales de Ligue des Champions. Tout le monde est unanime sur un point outre-Pyrénées : si l’Atlético en est là aujourd’hui et peut se permettre de jouer des demi-finales de la plus prestigieuse des compétitions européennes, c’est en bonne partie grâce auCholo.
Seulement, ces dernières années, de nombreux observateurs commencent à penser que le cycle de l’Argentin à la tête de l’Atlético de Madrid est fini. Un courant de pensées qui commence aussi, peu à peu, à s’installer chez certains fans rojiblancos. Et pour cause, les reproches à Simeone sont nombreux : une approche petit-bras dans les gros matchs, un renouveau tactique qui peine à venir et une certaine forme de complaisance dans la défaite. Le tout, sachant qu’il est le coach le mieux payé de la planète. Qu’en est-il vraiment ? Pour aller dans le sens de Simeone, limiter l’Atlético à une équipe qui pose le bus serait injuste, puisque cette saison encore, même contre des cadors comme le Barça, les Colchoneros nous ont offert des gros matchs et ont souvent eu l’ascendant sur leur rival dans le jeu. Tout comme Diego Simeone est adepte des modifications tactiques, alternant souvent son 4-4-2 historique avec un 3-5-2 ou même un 3-4-3. Mais il est vrai qu’en Europe, aux yeux de tous, sonAtléticoest parfois trop attentiste, trop dans la réaction, et pas assez entreprenant. S’il est donc vrai que l’Atlético a parfois tendance à se diluer dans les matchs couperet depuis des années maintenant, qualifier cet Atlético d’équipe qui se limite à poser le bus n’est pas totalement exact.
Si beaucoup aiment bien pointer les dépenses de l’Atlético de Madrid, prétextant que le club investit énormément pour s’en prendre à Diego Simeone, il faut là aussi nuancer. L’Atlético peut-il vraiment rivaliser avec les cadors européens ? Les Madrilènes dépensent beaucoup certes, mais c’est aussi parce qu’ils vendent beaucoup. Selon les chiffres deTransfermarkt, les Rojiblancos ont une balance négative de 84,4 millions d’euros sur le mercato de la saison actuelle, avec 229,9 dépensés contre 145,5 millions d’euros perçus. Arsenal affiche de son côté une balance négative de 280.72, soit une dépense nette de presque 200 millions de plus que leur rival d’hier. Sans parler des salaires qui restent globalement bien loin des cadors européens. A titre d’exemple, et en se basant sur les chiffres du siteCapology, la masse salariale brute des Colchoneros est de 192,45 millions d’euros, contre 269,46 millions d’euros pour les Gunners. L’Atlético ne compte que 6 joueurs au-dessus des 10 millions d’euros bruts, contre 13 pour Arsenal, beaucoup s’approchant considérablement des 20 millions d’euros bruts.
Et pour ceux qui vont parler de laLiga, les différences sont encore plus importantes avec les deux cadors espagnols, le Barça et le Real Madrid (434 millions d’euros de masse salariale, soit plus du double), que les Colchoneros parviennent tout de même à enquiquiner assez souvent. On peut effectivement reprocher à Diego Simeone certains choix, mais exiger des titres à l’Atlético dans ce contexte ne serait-il pas un peu sévère ? On peut même aller plus loin sur un autre point en revanche : l’Atlético perd les Liga contre les petits clubs, et non dans les gros matchs. Les critiques contre Simeone devraient plutôt intervenir suite à de nombreux points perdus dans des matchs de championnat tout à fait abordables, plus qu’après des défaites contre d’autres gros clubs européens.
En nommant un autre entraîneur, l’Atlético ne sait pas ce qu’il y gagnerait… mais en se séparant de Diego Simeone, l’Atlético sait clairement ce qu’il perdrait. Bien sûr, l’argument visant à vouloir du sang neuf et de nouvelles idées au Metropolitano se tient totalement et il est tout à fait envisageable qu’un nouveau coach puisse même obtenir, rapidement, de meilleurs résultats que Simeone. L’usure se fait forcément sentir un peu, et la nécessité d’avoir un entraîneur avec une approche peut-être plus moderne ou novatrice pourrait effectivement relancer un Atlético qui stagne tout de même ces dernières années. Quoi qu’il en soit, Diego Simeone est sous contrat jusqu’en 2027 et au vu de son statut et de sa légitimité, c’est lui qui décidera s’il souhaite partir ou non.