
Critiqué après son entrée en lice manquée face à la RD Congo (1-1), lePortugalse retrouvait déjà sous pression avant d’affronter l’Ouzbékistan lors de ladeuxième journée du groupe K de la Coupe du Monde 2026. Présentée comme l’une des nations capables de viser le titre mondial, la Seleção avait laissé une impression mitigée quelques jours plus tôt malgré une nette domination territoriale. Le résultat avait relancé les interrogations autour d’un collectif encore en rodage et, surtout, autour deCristiano Ronaldo. À 41 ans, le capitaine portugais demeurait la cible privilégiée de certains observateurs qui estimaient son influence déclinante. Dans le même temps, João Neves et sa compagne Madalena avaient été la cible d’un véritable déferlement de critiques sur les réseaux sociaux après certaines déclarations, supposément jugées virulentes contre CR7, après le couac contre les Congolais. Une situation dénoncée au sein de la sélection, alors que Roberto Martinez appelait à l’unité avant ce rendez-vous déjà crucial. Un nouveau faux pas aurait pu compliquer leur route avant un dernier choc annoncé face à la Colombie.
Mais au-delà du résultat, cette soirée texane restera surtout comme celle du grand retour de Cristiano Ronaldo au premier plan. Depuis plusieurs mois, les doutes s’accumulaient autour de l’ancien Madrilène et Turinois. Son âge revenait constamment dans les débats et chaque contre-performance alimentait un procès permanent sur sa place au sein de la sélection. À Houston, le quintuple Ballon d’Or a répondu de la seule manière qu’il connaît vraiment, en marquant. Son premier but lui a permis de devenir le premier joueur de l’histoire du football à inscrire à la fois au moins dix buts enCoupe du Mondeet quatorze à l’Euro. Son doublé lui a offert un nouveau record puisqu’il est devenu le joueur le plus âgé à réussir un doublé dans l’histoire du Mondial. Avec désormais dix réalisations dans la compétition, il a également dépassé la légende Eusébio pour devenir seul meilleur buteur portugais de l’histoire en Coupe du Monde. Et comme si cela ne suffisait pas, il est aussi devenu le premier joueur à marquer lors de six éditions différentes du tournoi. À 41 ans et 138 jours, seul Roger Milla reste devant lui au classement des buteurs les plus âgés de l’histoire du Mondial. Une collection de records qui rappelle que le Portugais continue d’écrire des pages uniques du football mondial. Cette performance a surtout permis à Cristiano Ronaldo de faire taire, au moins pour un temps, tous les oiseaux moqueurs qui annonçaient son déclin définitif.
«C’est juste pour qu’on n’oublie pas. C’est la réponse aux critiques, ça fait 23 ans que c’est comme ça. Je suis très heureux mais pour moi le plus important, c’est le travail de l’équipe, la confiance. On savait que ça allait arriver mais on a bien travaillé. On s’est pas mal amélioré. Bien entendu, si je parle de ma performance, c’est bien de battre les records mais l’objectif c’est d’aider la sélection. L’objectif, c’était d’obtenir les 3 points. On regarde vers l’avant. On travaille et dieu va nous aider. Les coéquipiers vont aider. C’était une semaine difficile, sombre, tout le monde pensait que j’étais déjà à la retraite. Ça a été difficile, il faut le dire mais, on est de retour», a-t-il déclaré au coup de sifflet final surbeIN Sports. Alors que Lionel Messi continue lui aussi d’alimenter sa légende sous le maillot argentin et queKylian Mbappé et Erling Haaland empilent les butsavec l’ambition de régner sur cette génération, le Portugais refuse obstinément de quitter la lumière. Son influence ne se mesure plus uniquement dans le volume de jeu ou dans sa capacité à multiplier les courses, mais dans son efficacité et dans son aptitude à répondre présent lors des grands rendez-vous. Face à l’Ouzbékistan, le natif de Funchal a montré qu’il demeurait une arme redoutable dans la surface et un leader capable d’entraîner tout un groupe dans son sillage. Le Portugal avait besoin d’un signal fort pour relancer son Mondial. Cristiano Ronaldo lui a offert bien plus qu’une victoire. Il lui a rappelé que les très grands champions ne disparaissent jamais vraiment et qu’il faut toujours se méfier lorsqu’ils sont annoncés trop vite sur le déclin.