
Pour autant, il serait prématuré de parler de crise profonde à Stamford Bridge. Chelsea reste un projet en construction et possède toujours des arguments offensifs impressionnants. Cole Palmer, qui n’a pas participé à la trêve internationale, a retrouvé son efficacité avec quatre buts et trois passes décisives, tandis que Morgan Rogers s’est rapidement imposé avec trois buts et quatre passes décisives. João Pedro est, lui aussi,l’une des grandes satisfactions du débutde saison avec six buts et quatre passes décisives en cinq titularisations, même si sa présence contre Bournemouth reste très incertaine. Le retour d’un Palmer frais peut donc être précieux, tandis qu’Estevão, lui aussi décisif avec le Brésil durant la trêve, représente une alternative intéressante. Mais Chelsea doit désormais trouver un meilleur équilibre entre cette force offensive et une défense qui inquiète : Maxence Lacroix réalise des débuts encourageants individuellement, mais le collectif concède beaucoup trop d’occasions et de buts. Alonso demandait déjà du temps après les cinq premières journées :« c’est un processus. Nous n’avons joué que cinq matchs dans un championnat de Premier League très compétitif. (…) Il nous faut du temps. »
Le calendrier va justement permettre de mesurer la capacité de Chelsea à réagir.Les Blues recevront Bournemouth ce samedi, avant de se déplacer à Everton puis d’accueillir Tottenham et Manchester United en championnat. Entre-temps, Liverpool se dressera également sur leur route en Coupe de la Ligue. Autrement dit, cette rencontre contre Bournemouth constitue déjà un rendez-vous important pour relancer la machine. Chelsea ne peut pas se permettre de laisser davantage de points en route s’il veut réellement revenir dans la course aux places européennes et, à terme, se rapprocher des équipes capables de jouer le titre. La saison est encore longue, mais après une 10e place la saison dernière et l’absence de Coupe d’Europe, les attentes sont forcément élevées.
L’une des clés sera aussi la capacité de Xabi Alonso à faire évoluer son animation. Son 3-4-2-1 utilise trois défenseurs centraux, deux pistons et une ligne offensive très mobile, avec notamment Malo Gusto capable de venir à l’intérieur et Pedro Neto utilisé dans un rôle qui ne correspond pas à celui d’un latéral naturel. À gauche, la concurrence entre Chavarría, Palestra et les autres solutions n’est pas encore totalement réglée. Ce système peut offrir beaucoup de possibilités offensives, mais il expose aussi Chelsea lorsque le bloc perd sa maîtrise. Face à Brentford, les Blues ont encore payé leur manque de constance, et Levi Colwill reconnaissait lui-même que l’équipe devait encore s’adapter aux nouvelles exigences, particulièrement sur les coups de pied arrêtés.
Cette fragilité est d’autant plus surprenante que Chelsea a considérablement investi pour accompagner l’arrivée d’Alonso. Plus de 400 millions d’euros ont été dépensés durant le mercato, avec Morgan Rogers, Maxence Lacroix, Dibu Martinez, Palestra et plusieurs autres renforts destinés à renforcer un effectif qui doit pouvoir viser beaucoup plus haut. Mais l’arrivée de nouvelles recrues entraîne aussi des situations délicates,à l’image d’Estevão, qui avait déjà été annoncé comme inquiet de son faible temps de jeu sous Alonso. Le Brésilien a toutefois profité de la trêve pour montrer ses qualités avec sa sélection, ce qui peut donner au technicien espagnol une solution supplémentaire au moment où João Pedro pourrait manquer le rendez-vous face à Bournemouth.