
En ouverture de la 23e journée deLigue 1, l’Olympique de Marseille, en crise de résultats ces dernières semaines, se déplaçait sur la pelouse du Stade Brestois, ce vendredi soir. Quatrième au coup d’envoi, le club phocéen se devait de l’emporter pour mettre la pression à l’OL. Un rendez-vous qui marquait surtout la grande première d’Habib Beye sur le banc marseillais. Nouvel entraîneur des Olympiens, le technicien franco-sénégalais optait pour un 4-2-3-1 avec Paixao, Vermeeren et Greenwood en soutien de Gouiri. De son côté, Eric Roy alignait lui un 4-2-3-1 où Ajorque évoluait en pointe.
Malgré un éclair de Greenwood (25e) et une occasion signée Timber après un superbe service de Gouiri (26e), le tableau d’affichage n’évoluait guère. Et ce qui devait arriver arriva… Sur une merveille de centre de Magnetti, Ajorque s’imposait face à Pavard pour tromper Rulli d’une nouvelle tête délicieuse (2-0, 29e). KO debout, les Marseillais multipliaient les erreurs techniques, subissaient la pression brestoise et passaient à quelques centimètres de l’humiliation. Heureusement pour eux, Junior Diaz ne cadrait pas sa tête (37e) et Ajorque, trouvé dans le dos de la défense, fracassait la barre phocéenne (41e).
Ajorque (8,5) :le buteur brestois, passeur décisif la semaine passée, n’a pas traîné à se montrer dangereux dans son antre. Opportuniste et réaliste, le numéro 9 a ouvert le score grâce à une tête rageuse devant Aguerd, puis Rulli, trop peu réactifs (10e). Ce but est d’ailleurs intervenu alors qu’il venait de toucher son sixième ballon. Quelques instants plus tard, après une contre-attaque plutôt fluide des hommes d’Eric Roy, il a même failli inscrire un doublé (14e). Les minutes ont défilé et le renard des surfaces à continuer à se montrer décisif dans les airs. Profitant d’un marquage hasardeux, il a sauté plus haut que tout le monde pour élargir le score et inscrire sa seconde réalisation (29e). Juste avant la pause, il s’est à nouveau démarqué, frappant ainsi la barre transversale du portier argentin. Après la pause, il aura réalisé un pressing de haute intensité.
– Lala (6) :avec son numéro 77 dans le dos, le latéral droit s’est montré très solide dès le début de la partie. Alors que Weah filait seul sur son couloir pour adresser un centre, celui-ci est revenu couvrir avec un sprint plutôt impressionnant (7e). Ensuite, les Phocéens ont essayé quelques percées, sans réellement mettre en danger les locaux, ce qui a évidemment facilité son travail. Face à Paixao, il a su imposer sa loi dans sa zone, restant debout dans les duels avec des coups d’épaules dévastateurs. En seconde période, il a montré un visage un peu plus différent, avec quelques difficultés défensives, spécifiquement des pertes de balles. Pas flagrantes, mais elles sont à souligner, ses dernières minutes ont été assez intenses et il a donc perdu de la fraîcheur.
– Diaz (6,5) :malgré les quelques tentatives marseillaises, rien n’a inquiété le défenseur central. Concentré et bien aligné dans sa charnière centrale, l’arrière est resté solide et hargneux. Face à Gouiri, il a énormément couvert sa zone et fait preuve d’une application régulière. Si les défenseurs marseillais ont régulièrement été sollicités jusqu’à la mi-temps, cela n’a pas vraiment été le cas pour lui. Un peu à l’image de son autre partenaire dans la charnière brestoise, il a usé les joueurs offensifs méditerranéens. Cependant, sa soirée a réellement débuté à l’heure de jeu, car il a dû rester adroit devant des Marseillais éveillés et revanchards. Impeccable dans ses mouvements jusqu’aux derniers instants, il a mis les Marseillais dans sa poche.
– Guindo (5,5) :le Malien aurait pu ressentir une éventuelle pression dans son couloir gauche ce soir, face à un Greenwood toujours autant étincelant en Ligue 1. Or, cela n’a absolument pas été visible sur la pelouse, puisque le latéral a démontré une concentration optimale et des retours défensifs plus que qualitatifs devant l’Anglais. Proche de son adversaire, il a bataillé pour ne pas le laisser filer au but. Sa première période a d’ailleurs mis en lumière son impact et son énergie, toujours impliqué et au soutien de ses partenaires. Sur ses appuis, il a réalisé des retours clés et a même écœuré Greenwood lors d’une contre-attaque à vive allure (66e). Mais finalement sa rencontre a failli prendre un tout autre tournant. Auteur d’une vilaine faute sur le numéro 10, il a laissé aux Marseillais l’occasion de réagir sur un pénalty, finalement stoppé (82e).
– Chotard (6) :positionné aux côtés de Magnetti, proche de lui dans les transitions et dans la même forme que l’autre milieu de terrain brestois, il a démontré une aisance technique digne d’un joueur en confiance. Que ce soit dans les phases offensives ou défensives, il a régulièrement couru pour aider ses coéquipiers. Régulier et dynamique, sa fraîcheur a fait du bien à la troupe d’Éric Roy. Contrairement à Hojbjerg et Vermeeren, lui a gardé de l’espoir et de la confiance tout au long de la première période. Au retour des vestiaires, il a mis un ballon de la tête en corner, celui-ci survolait la surface de réparation de Coudert au second poteau et aurait pu coûter cher (54e). Ses dernières minutes ont cependant été plus délicates. Il a dû redescendre très bas et contrer les offensives marseillaises. Tout comme les siens, son mental et sa personnalité ont fait de lui un homme heureux devant son public.
– Ajorque (8,5) :voir ci-dessus.
– Rulli (3,5) :une sortie approximative devant Ajorque (15e), après avoir réalisé une légère faute de main sur l’ouverture du score brestoise. Ses relances ont été trop hasardeuses, entrainant des récupérations bretonnes dans la moitié de terrain de l’OM. L’Argentin a évité le pire en sortant une frappe du droit de Dina Ebimbe (60e).
– Weah (3) :en grande difficulté durant la première période, l’Américain a eu beaucoup de mal à contenir Dina Ebimbe sur son côté. Son retour manqué est à l’origine de l’ouverture du score brestoise. Offensivement, il n’a quasiment pas existé, avec seulement deux centres qui n’ont rien donné.
– Aguerd (2) :à l’instar de Pavard, le Marocain aura été trop mis en difficulté. Coupable sur l’ouverture du score, Aguerd n’aura jamais été rassurant le reste de la rencontre. En manque de sérénité dans son marquage, il aura également fait preuve de plusieurs relances catastrophiques. Ajorque aura décidément fait beaucoup de mal à la charnière du soir.
– Emerson (4) :des absences au marquage de sa part, notamment en première période. Comme Weah, il n’a pas été en vue offensivement et n’a que trop peu combiné avec Paixao. Cela a été mieux en seconde période, avec plus de mouvements.
– Timber (5) :le Néerlandais aura été le seul élément marseillais à sortir la tête de l’eau. On l’a vu beaucoup tenter de récupérer des ballons pour projeter le jeu vers l’avant, comme cette combinaison avec Gouiri (26e). La recrue estivale a beaucoup essayé de se montrer. Il s’est même offert une puissante frappe,avant de céder sa place à Abdelli (79e).