
Pour Gigio, 27 ans, c’est une terrible désillusion. Considéré comme l’un des meilleurs à son poste, le portier de Manchester City ne sera pas de la fête. Titulaire pour ce choc capital, il a essayé d’aider les siens. La presse transalpine ne l’accable pas ce matin, même s’il n’est pas parvenu à être décisif lors de la séance de tirs au but (1-1, 4 t.a.b à 1). LeCorriere dello Sportlui a donné la note de 5,5.Tuttosportlui a attribué un 7 et a ajouté :«il insuffle confiance à toute l’équipe et, quand les autres n’y parviennent pas, il accomplit des miracles, comme ceux qu’il a réalisés sur le tir vicieux de Tahirovic et la tête de Dzeko.»Mais au-delà de sa prestation, dont il n’a pas forcément à rougir, Donnarumma a eu une attitude qui a fait parler, notamment en fin de rencontre.
SportSportconclut :«le problème n’est pas tant qu’il ait tenté de provoquer les tireurs de penalty – on a déjà vu ça – mais la manière dont il l’a fait et le message qu’il a envoyé à des millions de téléspectateurs. Au lieu de montrer, comme un membre expérimenté de l’élite européenne, qu’il est au-dessus de la pression et qu’il sait perdre, Donnarumma a choisi la voie des petites provocations inutiles qui l’ont complètement désavantagé. Donnarumma a tenté de déstabiliser, Vasilj s’est contenté de faire son travail. La réaction de Donnarumma après le tir manqué de son coéquipier, lorsqu’il s’en est pris à Vasilj au lieu d’encourager Esposito et les autres joueurs, révèle également un grave manque de leadership. Les grands gardiens, ceux dont on se souvient pendant des décennies, assument leurs responsabilités dans ces moments-là, rassurent leurs coéquipiers et leur insufflent de la force. Le gardien italien a fait tout le contraire : il a perdu le contrôle et a accentué la nervosité d’une équipe déjà fébrile.»
Son comportement n’a pas choqué qu’en Bosnie. Le commentateur deDAZNen Allemagne, Mario Rieker, a été sidéré.« Est-ce que Donnarumma vient de déchirer le bout de papier ? Je dirai qu’il l’a lu.»DAZNa ensuite ajouté sur son compteX:«Donnarumma déchire le pense-bête des penalties de Vasilj. Anti fair-play ou malin ? Vasilj n’aurait de toute façon pas dû le retenir, car les penalties ratés sont passés au-dessus du but et ont échoué sur la transversale.»Le portier italien ne s’est pas illustré de la meilleure des manières, même si certains au pays affirment que Clément Turpin a surtout tapé sur les doigts de Vasilj. Quoi qu’il en soit, l’Italie est éliminée. Donnarumma, qui était«choqué»et«muet»plus tard dans la nuit selon leCorriere dello Sport, va devoir vite tourner voire déchirer cette page très douloureuse.