Joie et émotion à Agadir : Comment le Mozambique a savouré sa qualification pour les huitièmes

CANJanuary 4, 202614 Views

Geny Cipriano Catamo of Mozambique celebrates goal with teammates during the 2025 Africa Cup of Nations AFCON match between Mozambique and Gabon at the Adrar Stadium, Agadir on the 28 December 2025 ©Muzi Ntombela/BackpagePix

Jusqu’au dimanche 28 décembre 2025, le Mozambique n’avait jamais goûté à la victoire lors d’une TotalEnergies CAF Coupe d’Afrique des Nations. Seize matchs, étalés sur des décennies, sans une seule danse de célébration.

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Cette longue attente a pris fin au Grand Stade d’Agadir, lorsque les Mambas ont surpris les Panthères du Gabon 3-2, signant l’un des chapitres les plus émouvants de leur histoire footballistique.

Le résultat est historique à double titre : première victoire du Mozambique en Coupe d’Afrique des Nations et qualification pour les huitièmes de finale, une première en   six participation à la compétition continentale.

« Je n’ai toujours pas les mots pour décrire ce que je ressens », confie Reinildo Mandava, l’un des cadres les plus expérimentés de l’équipe. « Je suis fier de moi, de l’équipe et de ce que le coach a fait avec ce groupe. C’est incroyable. »

À 31 ans, le défenseur, international depuis 2013, sait mieux que quiconque ce que ce succès représente. Et, insiste-t-il, l’émotion dépasse largement les limites du vestiaire.
« Tout le monde à la maison est heureux. L’ambiance est très positive, et chaque personne avec qui je parle est excitée pour nous », ajoute-t-il.

Pour le Mozambique, ce triomphe est la récompense de longues années de persévérance et de désillusions. Depuis leurs débuts en CAN en 1986, un tournoi à huit équipes qui s’était soldé par trois défaites et sept buts encaissés, jusqu’aux décennies de frustrations et de presque-réussites, le progrès semblait souvent hors de portée.

Le sélectionneur, Chiquinho Conde, connaît ce parcours mieux que quiconque. Milieu de terrain de 20 ans dans l’équipe de 1986, il est revenu comme joueur en 1996 puis capitaine en 1998, traversant des campagnes peu gratifiantes. Aujourd’hui entraîneur, Conde touche enfin ce qui lui avait échappé sur le terrain.

« J’ai fait partie de cette équipe pendant de nombreuses années et nous perdions tout le temps », raconte-t-il à CAFOnline, un large sourire aux lèvres. « C’était décourageant et frustrant car nous travaillions toujours très dur sans jamais obtenir de résultat. Réussir maintenant, avec cette nouvelle génération, signifie tout pour moi. »

L’impact de Conde a été construit patiemment. Nommé il y a quatre ans, il a mis en place une structure claire et un projet à long terme pour transformer le football mozambicain.
« Nous avons créé un modèle adapté aux qualités de nos joueurs, identifié nos faiblesses, surtout défensives, et commencé par changer l’état d’esprit. Au début, c’était difficile, mais nous avons continué à travailler et les joueurs ont commencé à croire », explique-t-il.

Sa méthode était minutieuse. Une cinquantaine de joueurs ont été suivis dans une base de données, formant le socle d’un processus de sélection rigoureux—qui n’a pas échappé aux critiques.
« Ce n’était pas facile », reconnaît Conde. « Mais j’ai choisi des joueurs en qui je croyais, et l’important, c’était qu’ils croient en moi. Nous avons travaillé avec des principes stricts : si quelqu’un ne les acceptait pas, il devait partir. Ma méthode, c’est la structure, le travail et la discipline. »

La récompense de cette conviction est désormais tangible. Cette victoire face au Gabon a insufflé confiance à l’ensemble de l’équipe et à toute une nation qui la suivait.
« C’est un moment spécial pour nous », souligne Conde. « Notre peuple en avait besoin. Ils traversent beaucoup de choses, et nous avons la responsabilité de leur apporter du bonheur. Le football peut le faire. Ces joueurs sont maintenant des stars—they ont pris leur place dans l’histoire du Mozambique. »

Reinildo Mandava partage cet élan et dédie la victoire à la nation : « C’est pour le peuple mozambicain. Ils nous ont soutenus même quand nous ne gagnions pas. Maintenant, ils méritent cette joie. »

Avec la confiance qui monte, les attentes s’élèvent également. Le Mozambique se prépare désormais pour les huitièmes de finale, où un choc contre le Nigeria lundi soir pourrait écrire un nouveau chapitre historique.
« Pour notre pays, le football est tout », conclut Conde. « Nous ferons tout pour continuer à rendre notre peuple et notre nation fiers. »

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