
Englué dans une saison délicate et toujours sous la menace de la zone rouge, leParis FCa abordé le mercato d’hiver avec une pression maximale. Promu ambitieux, mais encore fragile, le club francilien a payé cher son manque de constance, ses difficultés récurrentes à maîtriser le tempo au milieu et une animation offensive trop irrégulière pour espérer naviguer sereinement enLigue 1. À la clôture du marché hivernal, lundi soir, le constat restait limpide en interne. Malgré les investissements consentis l’été dernier, le club francilien nécessitait des ajustements immédiats pour éviter une deuxième partie de saison sous tension extrême. Longtemps cantonnée à une posture d’observation, la direction a finalement accéléré dans les dernières semaines, consciente que le maintien ne se jouerait pas uniquement sur des principes de jeu, mais aussi sur la capacité à corriger rapidement les déséquilibres structurels. Dans ce contexte d’urgence sportive et comptable, chaque décision prise cet hiver devait répondre à une logique de rendement immédiat.
À première vue, le mercato hivernal du Paris FC a pris un accent italien aussi marqué qu’inattendu. LucasKoleosho,Diego Coppolaet enfin Ciro Immobile… L’enchaînement a surpris, tant le virage transalpin est apparu soudain. Avec l’ailier formé enItalie, le club parisien a injecté de la percussion et de la créativité sur les ailes. Avec Coppola, les pensionnaires de Jean-Bouin ont renforcé un secteur défensif en quête de solidité. Et enfin, avec Immobile, champion d’Europe en 2021, le Paris FC a frappé un grand coupen s’offrant un avant-centre d’expérience pour sécuriser le maintienaprès le rendement insuffisant de Willem Geubbels. Une observation qui, si elle étonne au premier regard, s’explique pourtant rapidement à la lumière des coulisses. Loin d’un simple alignement d’opportunités, ce mercato à forte tonalité italienne s’inscrit dans une stratégie claire, où le Paris FC structure progressivement un axe transalpin appelé à devenir central dans son projet sportif.
Ce tropisme italien ne relève en rien du hasard. Déjà solidement implanté au Paris FC, le groupe Red Bull continue, selon nos informations, d’étendre méthodiquement son réseau en Italie depuis plus d’un an. Directeurs sportifs, agents, clubs, centres de formation, journalistes… La marque autrichienne a multiplié les connexions afin de préparer une implantation durable enSerie A. Présent dans plusieurs championnats majeurs (Autriche, Allemagne, États-Unis, Brésil, Japon), Red Bull considère désormais l’Italie comme un marché stratégique à fort potentiel, encore sous-exploité sur certains aspects clés de sa philosophie : développement des jeunes talents, modernisation des infrastructures et contrôle de la chaîne de valorisation sportive. L’arrivée deJürgen Kloppdans l’organigramme global du groupe n’a fait qu’accélérer cette dynamique. Sans intervenir dans le quotidien des clubs, l’Allemand impulse une vision à long terme, notamment sur les marchés jugés prioritaires, dont l’Italie fait clairement partie. Dans ce contexte, il convient surtout de rappeler que la volonté de Red Bull d’investir durablement en Italie ne date pas de ce mercato.Dès octobre 2024, plusieurs pistes avaient émergé, dont celles menant au Torino et au Genoa, sans qu’aucune ne se concrétise à ce stade, bien que les relations avec les Granata restent très bonnes et que les négociations ne sont pas officiellement fermées malgré la dureté du président Urbano Cairo. L’objectif reste néanmoins inchangé, Red Bull veut absolument acquérir un club italien et l’intégrer à la galaxie de multipropriété.