L’Egypte et l’obsession d’une huitième étoile : les Pharaons en quête d’histoire au Maroc

CANSportJanuary 10, 202621 Views

Pour l’Égypte, détentrice du record de l’épreuve avec sept titres, la quête de la suprématie continentale est devenue à la fois une ambition et une obsession. Quinze ans se sont écoulés depuis leur dernier triomphe en 2010, une période marquée par des échecs de justesse, des désillusions et des promesses non tenues.  

Les Pharaons ont atteint deux finales de CAN depuis lors — en 2017 et 2021 — mais ont échoué à chaque fois. Le désir de retrouver le sommet reste profondément ancré, non seulement chez les joueurs, mais aussi dans toute une nation qui mesure le succès à l’aune des trophées.

« Notre peuple mérite cela », a déclaré l’entraîneur Hossam Hassan, triple vainqueur de la CAN en tant que joueur en 1986, 1998 et 2006. « Ils attendent depuis longtemps, et nous croyons pouvoir leur offrir ce bonheur ».

La foi plutôt que le seul talent  

Désormais au Maroc, l’Égypte est convaincue qu’elle dispose des atouts pour briller à nouveau, portée par l’esprit combatif de Hassan. Son empreinte sur l’équipe repose sur l’unité bien plus que sur les étoiles individuelles.

« Nous travaillons ensemble en équipe et les joueurs se battent les uns pour les autres », a expliqué Hassan. « Je suis très satisfait des joueurs que j’ai sélectionnés pour le tournoi. Il y a toujours de la pression quand on est parmi les géants africains, mais nous la gérons bien ».  

Ce message a trouvé un écho au sein de l’équipe. Le capitaine Mohamed Salah a relayé cet état d’esprit, soulignant l’importance des joueurs locaux et une faim collective d’inscrire leurs noms dans l’histoire.  

Les leçons des récentes blessures  

L’Égypte est arrivée au Maroc encore marquée par sa décevante campagne à la CAN 2023 en Côte d’Ivoire, où elle a été éliminée sans remporter le moindre match. Trois matchs nuls en phase de groupes (tous 2-2) avaient suffi pour atteindre les huitièmes de finale, mais une défaite aux tirs au but contre la RD Congo a mis un terme prématuré à leur parcours.

Ce revers est survenu peu après la défaite en finale face au Sénégal en 2021 au Cameroun, un rappel cruel de la mince frontière entre la gloire et l’amertume.  

Cette fois, les Pharaons sont bien décidés à changer la donne.  

Une marche disciplinée vers les quarts  

Les progrès de l’Égypte au Maroc reposent sur une défense solide, une discipline tactique et une résilience mentale, des qualités ancrées dans leur ADN de la CAN. Après avoir joué tous leurs matchs à Agadir, ils abordent le quart de finale avec un sentiment de familiarité et de confort.

Leur campagne a débuté par une victoire maîtrisée de 2-1 face au Zimbabwe, scellée par un but tardif de Salah. Suivit une victoire étroite mais contrôlée 1-0 contre l’Afrique du Sud, où le capitaine a encore fait la différence, assurant une qualification précoce.  

Une fois la première place assurée, Hassan a opéré une rotation dans son effectif lors du match nul sans but contre l’Angola. En huitièmes de finale, l’Égypte a été mise à l’épreuve par le Bénin, qui a égalisé en fin de match, prolongeant la rencontre. La réponse a été sans appel : une victoire 3-1 qui a souligné la détermination et la tradition victorieuse de l’Égypte en phase à élimination directe.  

La Côte d’Ivoire en ligne de mire

Entre l’Égypte et les demi-finales se dressent les champions en titre, l’équipe nationale de Côte d’Ivoire, dans un choc des poids lourds prévu samedi soir à Agadir.  

Un duel chargé d’histoire et d’enjeux. Une victoire ne ferait pas seulement éliminer les tenants du titre, mais insufflerait aussi une immense confiance à l’Égypte dans sa quête d’un huitième sacre.

Joueurs à surveiller  

Si l’Égypte mise sur la force collective plutôt que sur des individus, elle compte dans ses rangs des superstars capables de faire basculer un match et d’en influencer radicalement le cours.  

En tête de liste figure bien sûr le capitaine Salah. L’attaquant continue de montrer l’exemple. Avec trois buts et une passe décisive dans le tournoi, son influence va bien au-delà des statistiques : il impose des standards à l’entraînement, fait preuve de leadership dans les vestiaires et garde son sang-froid dans les moments décisifs.  

“C’est un leader pour l’équipe qui montre la voie aux jeunes joueurs”, a déclaré Hassan. “Il est un membre extrêmement important de notre effectif”.

À 33 ans, après avoir connu la douleur de deux défaites en finale de la CAN, Salah est animé par une revanche à prendre. Après avoir tout remporté au niveau club avec Liverpool, la consécration continentale avec l’Égypte reste son ambition la plus chère.  

Son association offensive avec Omar Marmoush constitue l’une des principales armes des Pharaons, et il compte sur cette complémentarité face à une solide équipe ivoirienne.  

En défense, Yasser Ibrahim s’est montré tout aussi influent. Le pilier d’Al Ahly, âgé de 32 ans, a su diriger la défense égyptienne avec autorité et sang-froid, tout en représentant une menace sur coups de pied arrêtés, comme en témoigne son but en prolongation contre le Bénin.  

Face à une attaque ivoirienne explosive, l’expérience et le leadership d’Ibrahim seront cruciaux pour les espoirs égyptiens, faisant de lui un homme clé pour le sélectionneur Hassan.  

Le poids de l’histoire  

À l’aube de ce quart de finale, l’Égypte se retrouve dans une position familière : portée à parts égales par l’attente, l’histoire et la conviction.  

La route vers une huitième étoile n’est jamais simple à la CAN. Mais si l’expérience, la résilience et l’autorité discrète comptent encore, les Pharaons ont toujours leur mot à dire.

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