
Au-delà du simple résultat, c’est le contenu qui inquiète. L’Inter a longtemps monopolisé le ballon mais a cruellement manqué d’inspiration dans les trente derniers mètres. Les multiples centres de Dimarco, les projections de Barella et les tentatives lointaines de Zieliński n’ont jamais réellement fait vaciller un bloc norvégien parfaitement organisé. À l’inverse, Bodø/Glimt a affiché une maîtrise tactique impressionnante, alternant pressing ciblé et transitions éclairs. L’ouverture du score est née d’un pressing intelligent, le second but d’un mouvement axial limpide. L’écart n’était pas qu’émotionnel ou individuel. «Bodø a remporté ses deux matchs, ils méritaient donc de se qualifier. Ils ne nous ont pas posé de problèmes aujourd’hui ; nous avons encaissé des buts suite à des erreurs individuelles, mais cela peut arriver. Le plus difficile était de débloquer le score, et nous n’y sommes pas parvenus. Il y a de la déception car nous voulons nous battre sur tous les fronts. Nous avons essayé, mais ils étaient meilleurs. Avec un point de plus, nous nous serions qualifiés et aurions évité les barrages, mais c’est la Ligue des Champions», a déclaré, sans réellement assumer, Nicolò Barella au micro de laSky. Une réaction qui ne devrait pas calmer les tifosi et les observateurs, alors que Yann Bisseck n’a pas beaucoup plus assumé la gifle. «Nous avons manqué de chance, le ballon ne voulait pas rentrer. Ils ont fait un bon match, ils ont joué le match qu’ils voulaient, et je les félicite. Je ne suis pas du tout satisfait, mais nous avons tout fait pour renverser la situation. Ce n’était pas facile de rester dans le match jusqu’à la dernière minute, et je suis fier de l’équipe». En conférence de presse, Cristian Chivu n’a pas mâché ses mots.
«Nous avons tout tenté face à une équipe très bien organisée, jouant bas. L’incapacité à débloquer le score leur a permis de se rassurer. Je n’ai rien à reprocher aux joueurs, car ils ont tout donné pour réussir. En seconde période, ils ont réussi à se créer des occasions, en inscrivant deux buts. La déception est grande. Malheureusement, nous avons affronté aujourd’hui une équipe bien plus dynamique que la nôtre, et nous devons les féliciter car ils méritent de se qualifier», a-t-il déclaré. Cette élimination retentissante s’inscrit dans une saison européenne catastrophique pour les clubs italiens. Le Napoli n’a même pas réussi à intégrer le Top 24 de la phase de championnat. La Juventus joue sa survie européenne après une humiliation à Istanbul face à Galatasaray (5-2) et devra réaliser un exploit au retour. Quant à l’Atalanta, elle reste dos au mur après un revers (2-0) frustrant sur la pelouse du Borussia Dortmund à l’aller. Le coefficient UEFA, déjà sous pression, risque de souffrir encore. L’Inter, finaliste il y a peu contre Manchester City puis le Paris Saint-Germain, symbolisait l’espoir d’un renouveau continental. Malheureusement, elle incarne désormais le malaise. Cette élimination face à Bodø/Glimt dépasse la simple contre-performance, puisqu’elle questionne le niveau réel du football italien face aux nouvelles puissances émergentes. L’écart d’intensité, de préparation et de fraîcheur mentale a sauté aux yeux. Et pendant que la Norvège, bourreau de la sélection italienne aux éliminatoires à la Coupe du Monde 2026, célèbre un exploit historique, l’Italie, elle, s’interroge sur sa place dans l’élite européenne à quelques semaines d’un barrage crucial contre l’Irlande du Nord pour se qualifier au prochain Mondial.