Nathan Zézé : « On m’a souvent dit que je ressemblais à Varane »

FootballMarch 24, 202611 Views

Nathan Zézé – Foot Mercato : pourquoi as-tu décidé de quitter Nantes cet été ? Tu avais besoin de voir autre chose ?

Nathan Zézé Souvent Dit

Nathan Zézé: ce n’était pas prévu, un mois avant, si tu m’avais dit que j’allais signer en Arabie Saoudite, je t’aurais dit que c’était impossible. Ça s’est fait très rapidement, mes agents myg invest m’ont parlé de Neom et je me suis dit que vu la situation de Nantes qui joue le maintien chaque saison, le fait que je ne sois pas à l’abri d’une blessure, il fallait peut-être que j’étudie les options. Bournemouth, l’Inter et Villarreal étaient chauds sur moi, mais ils proposaient, je crois entre 10 et 15 millions max. Le président, lui, demandait 20. J’ai voulu appeler le président de moi-même, Franck Kita, pour entendre de mes propres oreilles, je me suis dit est-ce que s’ils viennent avec, 15 plus 3, plus un pourcentage à la revente, ce serait éventuellement possible ? Il m’a fait comprendre que ce n’était pas la peine. À partir de ce moment-là, j’ai compris que ça allait être compliqué les négociations sachant qu’il y avait 10, 20 % de chances que ça se réalise. J’avais un salaire intéressant à Nantes, j’aurais aimé être réévalué parce que j’avais un rôle de cadre, mais avec la situation financière du club, c’était quasi impossible et avec tous les départs qu’il y a eu l’été dernier la saison semblait compliqué, c’est pour ça que je me suis aussi dirigé vers l’Arabie saoudite.

FM : qu’est-ce qui t’a convaincu de rejoindre l’Arabie Saoudite ?

NZ: au début, je ne voulais pas trop y aller, mes parents ne voulaient pas que j’y aille parce que j’avais le temps dans ma carrière. Mais j’ai 20 ans, j’ai signé 5 ans, même si, imaginons, je fais 5 ans à Neom, je finis mon contrat, j’ai 25 ans, je peux très bien revenir en Europe. Al Hilal était sur moi aussi, mais, leur plan, c’était que je joue un match sur deux parce qu’il y a la règle des 8 étrangers donc, le coach, il m’a dit, tu ne vas faire qu’un match sur deux. Je me suis dit, mieux vaut que j’aille à Neom avec un staff français, avec des joueurs français, francophones, où je peux continuer ma progression. Tous ces éléments ont fait qu’après une bonne réflexion, j’ai choisi d’aller à Neom et au vu de ma progression et de la situation de Nantes, je ne regrette pas.

FM : quel regard portes-tu sur la saison actuelle des Canaries ? Tu penses qu’ils vont s’en sortir ?

NZ: j’espère qu’ils vont s’en sortir. Je les supporte. Chaque week-end, je regarde les matchs quand je n’ai pas match en même temps. Mais c’est compliqué, parce que les gars, ils n’ont vraiment pas de réussite. Je suis toujours en contact avec mes anciens coéquipiers. J’essaie de les motiver comme je peux, de voir comment ils se sentent, etc. Quand j’aurai l’occasion de rentrer en France, je vais essayer d’aller voir un match pour les supporter. J’espère de tout cœur qu’ils vont pouvoir se maintenir parce que la place du FC Nantes, c’est en Ligue 1, ce n’est pas en Ligue 2.

FM : un certain Tylel Tati a pris le relais en défense, du haut de ses 18 ans. Tu penses quoi de son niveau ? Tu le côtoyais déjà ?

NZ: je le connaissais parce qu’il est de la même génération que mon frère donc j’allais le voir quand il jouait avec mon frère. Je suis vraiment content pour lui parce que le fait que je sois parti, ça lui a libéré la place entre guillemets. Après, attention, c’est lui qui a fait des gros matchs, il a prouvé que sa place était dans le 11 donc je suis content pour lui, malheureusement, il ne joue plus trop actuellement. Il est encore jeune, il a le temps de jouer, de progresser et j’espère qu’il pourra regagner sa place.

FM : qu’est-ce que tu as ressenti en devenant le plus gros transfert de l’histoire de Nantes ?

FM : ton coach est un certain Christophe Galtier, un nom connu dans le foot français. Comment se passe ta relation avec lui ?

NZ: ça a influencé mon choix, le fait que le coach soit Christophe Galtier, un Français. J’en parlais avec Benrahma et Lacazette, mais c’est un coach qui a de l’expérience, il a coaché des grands joueurs. Il sait ce dont j’ai besoin pour progresser et il hésite pas à me dire quand ce n’est pas bien. Ça me pousse à être bon chaque jour, chaque match. Quand j’explique mon choix à des gens, je dis certes qu’il y a le côté financier, on ne va pas se mentir, mais je leur dis qu’il y a un coach et un staff français, des joueurs français, etc. Toutes ces petites choses-là, m’ont permis de faire mon choix. Il n’y a pas de barrière de la langue, même si je parle anglais, c’est quand même différent avec un entraîneur étranger. Là, le coach peut me dire directement ce qu’il pense et ça me permet de progresser.

FM : beaucoup de joueurs francophones sont dans ton équipe, Lacazette, Abdoulaye Doucouré, Benrahma. Quelle est ta relation avec eux ?

NZ: ce sont des anciens, ils ont côtoyé des grands clubs, des grands clubs de Premier League, etc. C’est une relation où ils nous poussent, ils nous donnent des conseils, etc. Nous, on leur apporte l’insouciance de la jeunesse, ça donne un bon équilibre. Ça permet de bien travailler, et puis on a une bonne cohésion d’équipe, tout se passe bien, donc c’est top. Je parle souvent avec Lacazette, on se comprend bien, c’est un peu le tonton. Il me donne des conseils, parce qu’il a joué contre les grands défenseurs, des grandes équipes, il sait ce que j’ai besoin de faire pour atteindre mon plein potentiel. Le fait qu’il soit là m’aide beaucoup et ça me permet de progresser. Tu écoutes attentivement ses paroles, tu sais que ce n’est pas des paroles dans le vent, il te parle avec le vécu d’un joueur de haut niveau.

FM : Smain Bouabré a quitté le club dès janvier, tu étais proche de lui ?

NZ: ouais, on était proche, avec Amadou Koné aussi, on était le trio, on va dire. Je suis vraiment content pour lui, ça lui permet de franchir encore une étape. J’espère qu’il va pouvoir jouer, s’épanouir là-bas, même au niveau de la ville, c’est autre chose qu’ici, à Tabuk, puisque Riyad, c’est la capitale, il y a bien plus de choses à faire. D’un point de vue relationnel, c’est sûr que je le côtoie plus tous les jours maintenant, mais on est toujours en contact. On s’appelle de temps en temps, on joue à la Play ensemble, donc ça va. J’espère qu’on se retrouvera en sélection, mais en tout cas, je suis vraiment content pour lui.

FM : que penses-tu niveau championnat saoudien comparé à la Ligue 1 ?

NZ: j’ai été assez surpris parce que je pensais que ça allait être moins fort que ça, sincèrement. Les équipes du top 10 valent largement des équipes de Ligue 1. Après, quand tu vas jouer les derniers, c’est un peu dur parce que tu vas dans leur stade, il n’y a pas d’ambiance, il n’y a pas trop d’intensité, etc. Dans l’ensemble, je dirais que le championnat, il est un peu moins intense que la Ligue 1. Mais après, il faut réussir à se mettre dedans, il faut s’adapter, ça permet de travailler sur la concentration sur tout le match, rien négliger, chaque ballon, ça permet quand même de bien progresser.

FM : tu as rencontré beaucoup de joueurs dans le championnat saoudien, lequel t’as le plus impressionné ?

NZ: Cristiano Ronaldo. En fait, moi, je suis team Cristiano, ça veut dire que tout le temps, je le voyais à la télé, je le supportais, j’avais ses maillots et le fait de l’avoir au marquage dans un match, c’était exceptionnel. Je ne me rends pas encore compte, ça, c’est quelque chose dont je me rendrais compte quand j’aurais fini ma carrière, je me dirais que j’ai joué contre Ronaldo. Même à 40 ans, il faut rester concentré parce qu’une fois que la balle s’approche de la zone, tu lui laisses une demi-seconde, tu le perds. Quand il s’y met, c’est dur. Il avait marqué un peu grâce à moi, j’avais fait une erreur un peu, et ça avait mené sur un penalty. Dans mon malheur, on pourra dire que je l’ai aidé à faire son record pour les 1000 buts. En plus à la fin du match, j’étais trop énervé, je suis parti, je n’ai pas pu lui demander son maillot.

FM : quelles sont tes ambitions à court et moyen terme à Neom ?

NZ: les ambitions d’ici la fin de saison, c’est de gagner le plus de matchs possibles pour monter au classement. On est actuellement 8e et on a perdu des points assez bêtes durant les derniers matchs. L’année prochaine, on essayera de viser le top 5 de la Ligue parce que je pense qu’on en est capable. Cette année, on aurait pu, mais on a eu beaucoup de blessés. Je pense que si on prend encore deux ou trois joueurs, il y a moyen qu’on puisse faire de très bonnes choses. Après cet été, peut-être qu’il y aura une opportunité pour moi, car comme je te disais, avant d’avoir signé à Neom, je ne m’y attendais pas du tout. Donc, peut-être que durant le mercato, il y aura une opportunité qui me permettra de revenir en Europe. Mais en tout cas, si je reste ici, je serai très content.

FM : de quels joueurs tu t’inspires à ton poste, quelles sont tes références ?

NZ: actuellement, je dirais Pacho, Gabriel ou Saliba, c’est d’eux que je m’inspire en ce moment. Ce sont des monstres et en plus, ils sont tous en plus dans la force de l’âge. Quand j’étais plus jeune, c’était Sergio Ramos, Van Dijk et Raphaël Varane. On m’a souvent dit que je ressemblais à Varane. Quand je disais que j’aimais bien le Real Madrid, on me disait « Ah, mais tu ressembles à Varane ». Les gens faisaient vite le lien, mais c’est surtout aussi que je m’inspirais de lui dans mon jeu.

FM : quel est ton club ou ton championnat de rêve ?

NZ: le Real Madrid sans hésiter ou sinon jouer dans un club de Premier League. Je pense que c’est ce qui se fait de mieux comme championnat dans le football actuel. Rejoindre la PL, ce serait vraiment un objectif. En tout cas, je travaille tous les jours pour me préparer à cette éventualité.

FM : quel joueur t’a le plus impressionné en Équipe de France Espoirs ?

NZ: celui qui m’avait choqué, quand je suis allé en Espoirs, c’était Cherki, en vrai. Cherki m’avait quand même bien impressionné, tu vois. Son aisance technique, pied droit, pied gauche. Il faisait un peu ce qu’il voulait avec le ballon. Et puis là, on le voit encore, ce qu’il fait avec City, c’est bien. Il est trop fort. Si tu me parles de choquer, c’est lui qui me vient à l’esprit.

FM : que penses-tu de l’ascension de ton pote et coéquipier en Bleus, Jérémie Jacquet ?

NZ: j’étais content pour lui, franchement, je me suis dit wow 72 millions, c’est une dinguerie, ça m’a choqué. C’est top pour lui, j’espère qu’il va s’épanouir là-bas. J’espère qu’il va bien se soigner d’abord pour bien se préparer, et puis que ça va rouler pour lui là-bas, c’est tout ce que je lui souhaite. Je suis confiant, il a toutes les qualités pour réussir. Le voir exploser au plus haut niveau, c’est une source de motivation personnelle, ça me motive encore plus pour atteindre mes objectifs.

FM : rejoindre l’Équipe de France est-il un grand objectif de ta carrière ?

NZ: franchement, qui n’a pas envie d’aller en sélection, de représenter son pays ? Maintenant, je sais qu’il y a plusieurs étapes avant, mais c’est, dans mon plan de carrière, c’est un de mes objectifs. Je vais faire tout ce qui est nécessaire pour y arriver. Si je suis bon sur le terrain, peu importe où je suis, c’est à moi de permettre aux sélectionneurs de penser à moi. Chaque footballeur pense un jour jouer en sélection A. Après, il y arrive ou il n’y arrive pas, ça, c’est autre chose, mais c’est le rêve de tout le monde.

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