
Cet été, l’Olympique deMarseilleest passé à la vitesse supérieure, que ce soit dans la section masculine ou féminine. Du côté des femmes, les ambitions étaient grandes pour un retour en première division après cinq ans dans l’antichambre du football français. À la suite d’un titre logiquement gagné lors d’un exercice probant, le club phocéen se présentait avec la volonté de s’installer un peu plus dans le paysage féminin tricolore. Ainsi, la formation a changé de nom et d’identité en se détachant de l’Olympique de Marseille avec le nom “Les Marseillaises” et un nouveau logo, même si elles conservent celui de l’OM sur leur maillot.
Souhaitant se structurer un peu plus et rattraper son retard sur les meilleures formations françaises, le club phocéen a d’ailleurs fait un gros coup médiatique en octobre dernier avec la nomination deCorinne Diacresur son banc. Ancienne sélectionneuse de l’équipe de France entre 2017 et 2023, et seule femme à avoir dirigé une équipe masculine en Ligue 2 avec Clermont entre 2014 et 2017, la technicienne de 51 ans avait pour objectif de maintenir les Marseillaises dans l’élite et de faire progresser l’équipe.
Pour le moment, le bilan est mitigé, mais loin d’être mauvais. Neuvièmes, les Marseillaises conservent 4 points d’avance sur Lens et Montpellier, actuelles relégables à trois journées de la fin. Pas encore acquis, le maintien reste en bonne voie même s’il faudra se battre jusqu’au bout. Et justement, ce samedi, les Phocéennes auraient pu faire un pas quasiment décisif contre Montpellier. Dans un match disputé au Stade Vélodrome,les Marseillaises se sont inclinées (1-2)tout en relançant un rival dans la course au maintien. Une mauvaise opération pour le club marseillais qui aurait pu se simplifier la vie en cette fin de saison.
«Depuis deux jours, on s’entraîne là, j’ai vu l’état de mes joueuses et il y en a certaines que je n’ai pas reconnues. On n’a pas été à la hauteur individuellement et collectivement, et je me mets dedans, car c’est moi qui mène cette équipe», déplorait Corinne Diacre après la rencontre. Un match qui a eu lieu sans Roselene Khezami. Une absente de taille puisque la défenseure algérienne était la capitaine l’an dernier lors de la promotion de l’OM. Alignée lors de 10 rencontres cette saison, elle n’est plus titulaire, mais ne s’attendait pas à ne pas être dans le groupe pour cette échéance. Sur ses réseaux sociaux, elle a fait part de sa déception.
«Cette nouvelle saison en D1, que j’attendais depuis tant d’années, avait pourtant bien commencé. Je prenais part aux matchs, avec détermination et fierté, avant tout que ne soit chamboulé. Lors d’un match (en février), je fais mon entrée à la 62ᵉ minute… pour en ressortir dix minutes plus tard, à la 73e. À cet instant précis, le sentiment ressenti dépasse les mots. Même celui d’humiliation semble insuffisant pour décrire ce que j’ai vécu. J’ai été écartée du groupe pour LE match que j’attendais toute ma vie : jouer au Stade Vélodrome. Sans explication sportive. Ce que je vis dépasse largement le cadre d’une déception sportive», a-t-elle confié sur son compte Instagram.
La gardienne Chloé N’Gazi en avait fait les frais en février dernier et avait également tenu à s’exprimer sur les réseaux sociaux en mettant en avant : «les rouages invisibles, mais destructeurs du monde du football dont on ne parle pas assez. Titulaire puis mise de côté, j’ai appris à mes dépens qu’il y avait des choix qui ne s’expliquaient pas. Et que le placard n’est jamais très loin.» Désormais à Montpellier, elle a participé à la victoire des Héraultaises ce samedi contre les Marseillaises.