
Les premières minutes étaient largement à l’avantage des Lombards. Ils monopolisaient le ballon face à des Madrilènes complètement passifs. Thuram sollicitait mêmeCourtoisune première fois sur cette puissante reprise de près (3e). Lautaro Martinez profitait lui aussi de l’apathie générale chez ses adversaires pour retester le gardien depuis l’entrée de la surface (13e), alors que jouer le trois contre deux aurait peut-être été plus judicieux. Même le Bernébeu s’inquiétait déjà de voir son équipe complètement dépassée sur ces premières minutes. De timides sifflets tombaient sur la pelouse. Ils se sont vite estompés après cette bourde entre Jones et surtout Bisseck, dont profitait Diaz pour lancer Mbappé en première intention, lequel ouvrait le score en taclant le ballon (1-0, 14e).
Touchée, l’Inter repartait vite vers l’avant et obligeait Courtois à une 3e parade sur ce violent coup-franc de Calhanoglu (16e). Les Italiens avaient beau dominer la rencontre et se procurer les meilleures situations, ils se sabordaient sur des erreurs individuelles. Cette fois,Martinez tergiversait devant le pressing de Valverde, qui n’en demandait pas tant en contrant le dribble du gardien espagnol (2-0, 23e). Chivu explosait de colère. Son équipe dominait de la tête aux pieds, faisait très mal sur les côtés à l’image de Diouf à droite, mais se retrouvait menée de deux buts sur des défaillances franchement évitables. La fin de cette première période confirmait encore cette tendance. Jones ne parvenait pas à concrétiser l’énième temps fort de l’Inter en frappant sur la barre (36e), pendant que Mbappé et Bellingham ont bien failli, une nouvelle fois, sanctionner une nouvelle bévue défensive (45e+2).
Pavard, pourtant loin d’être le pire, en payait les frais à la pause. Stones prenait place dans l’axe de la défense pour assister finalement à spectacle assez similaire, sauf que cette fois, le Real manquait aussi de réalisme. Mbappé ne profitait pas d’un contre en échouant devant Martinez (49e), comme Bellingham seul au second poteau à 3 mètres du but sur ce centre de Diaz. L’Anglais a préféré contrôler plutôt que mettre la tête et laisser le temps à Martinez de revenir sur sa ligne (58e). Le gardien espagnol sortait également cette tentative de Mbappé sur cette offrande du Marocain (67e). Sur l’action suivante, les rôles se sont échangés avec ce décalage du Français pour le milieu offensif, sans plus de réussite avec un tir hors cadre (69e). Fautif sur l’action précédente, Bisseck sortait lui une frappe de Valverde qui prenait le chemin du cadre (72e).
L’Inter subissait beaucoup plus, tout en se procurant elle aussi des occasions. Il y avait d’abord ce tir du gauche de Lautaro Martinez que Courtois repoussait sur Carlos Augusto pour sortir là aussi la tentative du Brésilien (49e). Dans un très grand soir, le gardien mettait ensuite Bastoni en échec sur ce corner (63e). La prochaine fut la bonne, enfin, alors que paradoxalement, le Real se trouvait un peu mieux dans le jeu. Côté droit de la surface, Martinez parvenait à accélérer et à centrer à ras de terre pour Carlos Augusto (2-1, 77e). De quoi relancer le suspense au moment où les entrants Diomandé (contre Diaz) et Tchouaméni (à la place de TAA) se mettaient en action avec une première situation pour l’Ivoirien (81e). Courtois devait rester vigilant jusqu’au bout avec ce tir contré de Mkhitaryan (90e), alors que le Real évoluait temporairement à dix, et ce dernier centre de Diouf (90e+1). Ce fut dur, et il y aura des choses à dire, mais le Real a réussi l’essentiel en l’emportant. Dans le jeu en revanche…
L’homme du match : Courtois (7,5) :le sauveur des Merengues, clairement. Si leReal Madridn’a pas encaissé d’entrée, c’est grâce à lui. Il sort un arrêt providentiel sur une reprise de volée de Thuram dès la 3e minute, et derrière, il est vigilant, comme sur cette tentative lointaine de Lautaro Martinez (13e), ou ce coup franc d’Hakan Çalhanoğlu (16e). En deuxième période, il a aussi plusieurs interventions à mettre à son actif, sur Curtis Jones notamment (50e), ou sur une tentative lointaine de Bastoni (62e). En fin de match, il répond encore présent sur une frappe de Sucic. Il ne peut pas être tenu responsable sur le but, et son équipe peut le remercier pour les trois points ce soir.
– Courtois (7,5) :voir ci-dessus.
– Dumfries (4) :pour son premier match européen avec les Merengues, il retrouvait son ancienne équipe, où il avait tant marqué les esprits. Mais ce n’était pas le Dumfries de l’Inter ce soir. Face à un rival plutôt dominateur, en termes de possession du moins, on l’a surtout vu se concentrer sur les tâches défensives. Et il a plutôt bien sécurisé son côté droit en première période, n’étant pratiquement jamais pris à défaut. En deuxième période en revanche, il a commis un peu plus d’erreurs, et il se fait manger sur le but intériste où Carlos Augusto le devance (77e). Offensivement, son apport a été très maigre, loin de ce qu’il faisait sous la tunique noire et bleue.
– Huijsen (6) :sensation du début de saison du côté de la capitale espagnole, le défenseur a plutôt bien répondu présent lors des temps forts de l’Inter, en première période notamment. Il s’est interposé sur plusieurs centres et frappes qu’il a réussi à contrer, avec sa bonne lecture du jeu et son anticipation. Quelques duels remportés aussi. Dans la lignée de ce qu’il propose depuis la mi-août.
– Alexander-Arnold (3) :la surprise du chef. Pour faire face aux différentes absences au milieu, José Mourinho a fait le choix d’y aligner l’Anglais. Et il a eu du mal à entrer dans la rencontre. En première période, l’Inter a dominé dans le jeu en partie parce que le milieu merengue était assez perméable. TAA a ainsi laissé passer beaucoup de ballons dans son dos, et n’était pas toujours bien positionné, même s’il s’est un peu refait en deuxième période. Mais surtout, l’ancien de Liverpool a eu du mal à être influent dans le jeu, ne créant pratiquement pas de jeu. Remplacé parAurélien Tchouaméni (79e), venu apporter un peu plus de muscle et de sécurité devant la défense.
– Bellingham (5) :en jambes depuis le début de saison, l’Anglais sortait d’une rencontre ratée face au Betis. Face à l’Inter, il voulait donc se refaire. Sans trop de succès au final. S’il a fait beaucoup d’efforts sur le plan défensif, ne lésinant pas sur les efforts, il a été assez peu influent. On l’a peu vu aux abords de la surface, là où il brille le plus, et il a été très imprécis quand il a eu des occasions, avec deux gros ratés dans la rencontre, qu’il semblait presque plus difficile de rater que de mettre au fond. Quelques bons ballons distribués en deuxième période tout de même, étant la rampe de lancement de plusieurs transitions rapides madrilènes, où les joueurs devant lui n’ont pas assuré.
– Mbappé (5,5) :après ses déclarations en conférence de presse hier, le Français était logiquement très attendu ce soir. Et il a plutôt répondu présent, sans pour autant faire un match exceptionnel. Il ouvre le score, profitant d’une erreur de la défense intériste pour, après un bon service de Brahim, s’en aller crucifier Josep Martinez (14e). Quand il a voulu mettre le feu dans la défense lombarde, il y est parvenu relativement facilement, comme sur cette action juste avant la pause où il mystifie plusieurs défenseurs avant de frapper en direction des cages (45e+1). Quelques mauvais choix tout de même, comme sur ce mano a mano avec Martinez (48e), et des occasions ratées alors qu’il aurait pu plier le match. Remplacé à la 92e parCarlos Espi.
– Josep Martínez (5) :un match difficile à noter pour le portier. Titulaire depuis le départ de Sommer, le gardien de 28 ans faisait face à un immense défi ce soir. Et sa soirée a rapidement tourné au cauchemar. Il ne pouvait absolument rien sur l’ouverture du score de Kylian Mbappé, après une perte de balle cruelle de sa défense, mais il porte en revanche une lourde responsabilité sur le 2-0 de Federico Valverde (23e). Il a tenté de dribbler l’Uruguayen à quelques centimètres de son but et s’est complètement troué. Il s’est ensuite bien employé pour lire la trajectoire d’un centre dangereux de Cucurella (30e), mais cela reste une première période particulièrement difficile. Ses seuls véritables arrêts sont finalement intervenus à la dernière seconde de la première période, face à Mbappé puis Bellingham. Le portier a ensuite sauvé les siens face à Bellignham à bout portant (57e), avant de gagner son duel face à Mbappé à la 66e. Un match à deux visages, coupable en première période avant de monter en puissance après la pause. Un match à deux visages.
– Carlos Augusto (6) :profitant du forfait de Dimarco, Carlos Augusto connaissait sa première titularisation de la saison, même si le Brésilien n’a absolument rien d’un novice au très haut niveau après avoir disputé 46 matchs la saison passée. Opposé à Brahim Díaz dans sa zone, il devait se montrer irréprochable pour ne pas laisser le Madrilène prendre le dessus. Force est de constater qu’il a affiché une certaine fébrilité. Son centre complètement raté à la 34e minute, qui a terminé directement en touche de l’autre côté du terrain, symbolise une première période loin d’être maîtrisée. Il s’est tout de même bien repris à la 36e en remportant un duel face à Mbappé après une longue lutte. En seconde période, il a encore manqué un centre pour Lautaro, trop puissant. Mais Carlos Augusto a sauvé son match en relançant les siens avec un plat du pied droit sur un centre parfait de Martínez (2-1, 76e). Il a été remplacé parHenrikh Mkhitaryanà la 82e.
– Diouf (5,5) :aligné piston droit avec la double responsabilité d’accompagner les offensives et de verrouiller son couloir, Andy Diouf devait notamment attaquer face à Cucurella. Et dans un début de match où l’Inter a plutôt mis le pied sur le cuir, le Français a clairement été l’une des sources de danger. Très entreprenant, il a multiplié les initiatives dans son couloir et a surtout délivré un centre qui aurait pu faire très mal à Madrid dès la 10e minute. Une entame franchement encourageante pour celui qui était préféré à Spence ce soir.
– Çalhanoğlu (5) :déjà auteur de deux buts depuis le début de la saison, Hakan Çalhanoğlu avait pour mission de mettre le pied sur le ballon et d’organiser le jeu intériste. Le Turc a immédiatement rappelé pourquoi il était aussi redouté dans cet exercice avec une première frappe lointaine dans les cinq premières minutes, certes hors cadre. Il a surtout fait trembler le Real à la 16e sur un coup franc parfaitement placé, expédiant un véritable boulet de canon sur Thibaut Courtois, contraint de repousser cette frappe particulièrement puissante. Moins en vue ensuite, il a écopé du premier carton jaune de la rencontre pour une faute d’antijeu sur Bellingham (40e). Et juste avant la pause, il a subi un crochet dévastateur de Kylian Mbappé qui aurait quasiment pu permettre au Real de porter le score à 3-0. Il a été remplacé parPiotr Zielińskià la 60e. Entré en jeu sans parvenir à peser sur la rencontre, Zieliński est resté discret et n’a jamais réussi à faire la différence, dans la lignée de la première période.
– Barella (4) :bien trop timide ce soir. Très bon milieu de terrain dans l’absolu, Nicolò Barella était titularisé dans l’entrejeu avec un rôle de récupérateur légèrement excentré à droite, face à Jude Bellingham. Mais le vice-capitaine intériste a cruellement manqué d’influence dans la création. L’Inter a pourtant eu de nombreuses séquences de possession, sans parvenir à en faire grand-chose : trop peu de verticalité, trop peu de différence et surtout aucune passe clé à mettre à son crédit. Une première période bien trop discrète pour un joueur de son calibre. Il a été remplacé parPetar Sučićà la 60e. L’entrant aura principalement participé aux nombreuses phases de possession, sans vraiment apporter davantage que Barella.
– Martínez (6,5) :présent parmi les 30 nommés au Ballon d’Or 2026, celui qui a encore été le héros de l’Inter ce week-end contre Naples grâce à un but dans les derniers instants, était logiquement titularisé en pointe aux côtés de Thuram. Fidèle à ses habitudes, il a beaucoup décroché pour participer au jeu et a notamment réalisé une superbe transversale vers Diouf dès la 8e minute. Après une récupération haute consécutive à une erreur de Trent, il a ensuite tenté sa chance de très loin, obligeant Courtois à repousser sa frappe (12e). Mais il s’est ensuite montré beaucoup trop brouillon dans les duels : il est venu percuter violemment Courtois et mettre le gardien madrilène KO à la 31e minute, avant de connaître une nouvelle intervention musclée à la 44e sur son ancien coéquipier Dumfries. En seconde période, l’Argentin a relancé l’Inter avec un centre parfait pour Carlos Augusto, qui a su conclure (2-1, 76e).