
Très vite, pourtant, la lune de miel s’est fissurée. Les supporters biancorossi ont commencé à dénoncer une impression persistante… Bari n’était plus vraiment Bari, mais une sorte d’appendice sportif du Napoli. Les saisons se sont succédé avec une instabilité chronique, des entraîneurs changeants et surtout une avalanche de joueurs prêtés, souvent de passage, rarement enracinés dans le projet. Chaque été ressemblait à une reconstruction improvisée. Dans les tribunes du Stadio San Nicola, la frustration montait avec l’éternelle question de comment bâtir une identité si l’effectif change sans cesse. Le tout avec en toile de fond une recherche infinissable de réponses. Comment rêver d’un retour durable en Serie A quand l’équipe semble davantage servir de laboratoire de développement pourNaplesque de projet autonome ? Les critiques se sont multipliées contre Luigi De Laurentiis et la stratégie de Filmauro. Certains tifosi parlent ouvertement d’un club satellite, condamné à vivre dans l’ombre d’un géant. Une accusation douloureuse pour une ville fière, habituée à défendre farouchement son identité footballistique. Aujourd’hui, la saison 2025-2026 plonge Bari dans une zone de turbulence inquiétante. À la 17e place du classement,avec 34 points en 35 matches et une différence de buts négative, le club marche dangereusement sur le fil du maintien.
«Je me raccroche à l’idée que nous restons sur une victoire importante contre Modène et que nous avons perdu contre les deux premiers du classement. Nous avons connu des performances en demi-teinte, mais aussi de bonnes. Quand l’équipe est en forme, elle peut y arriver. Perdre contre Monza et Venise, ça arrive. Il faut donc essayer de reproduire nos bonnes performances», a expliqué le coach Moreno Longo après la défaite face à Venise. Derrière lui, des concurrents directs comme Reggiana, La Spezia ou Pescara guettent la moindre faiblesse. La récente victoire arrachée sur la pelouse de la Sampdoria a certes ravivé une flamme d’espoir chez les supporters, mais l’inquiétude dépasse désormais le simple terrain. En coulisses, les discussions financières s’intensifient. Selon le quotidienCorriere del Mezzogiorno, Luigi De Laurentiis aurait déjà entamé des échanges avec plusieurs investisseurs américains, tandis qu’un fonds canadien serait prêt à entrer au capital avant de prendre progressivement le contrôle du club. Pour l’instant, tout cela reste au stade des rumeurs, mais elles illustrent une réalité devenue évidente avec un projet actuel contesté qui pourrait toucher à sa fin. Dans une ville où le football se vit comme une question d’honneur, l’hostilité d’une partie du public envers la gestion de Filmauro ne fait plus mystère. La lutte pour le maintien et les incertitudes économiques propulsent Bari à un carrefour de son histoire. Et dans l’air salé du port adriatique flotte une question que personne n’ose encore formuler trop fort, le club parviendra-t-il à se relever avant que la chute ne devienne inévitable ?