
Elle semblait destinée aux Français. CetteCoupe du Monde2026 devait être celle de la consécration pour une génération talentueuse et décidée à marquer les esprits pour le dernier tournoi avecDidier Deschampssur le banc. Ce groupe de joueurs s’était même trouvé un surnom : «les Méchants». Une manière d’afficher leur confiance et leur volonté de ne laisser personne leur marcher dessus. Sur le terrain, les Bleus ont dégagé une puissance offensive impressionnante, avecKylian Mbappéen tête de file. Mais derrière l’assurance affichée, la sélection de Didier Deschamps a également donné l’impression d’une équipe surcotée, à l’aise lorsqu’elle maîtrisait son sujet, beaucoup moins lorsque l’adversaire était en capacité de lui répondre.
Sur le plan offensif, secteur où les Bleus ont été couverts de louanges, Kylian Mbappé repart avec 10 buts, le titre de meilleur buteur de cette Coupe du Monde (à moins d’un triplé de Messi en finale ce dimanche soir) et une grande influence sur la plupart des rencontres françaises dans ce Mondial 2026. Mais le capitaine des Bleus a aussi disparu au moment où son équipe avait le plus besoin d’un joueur capable de faire basculer un sommet : contre l’Espagne, il a été totalement muselé. Et même s’il a sonné la révolte en seconde période face aux Anglais après le naufrage initial, cela n’a pas suffi. Malgré son doublé, Mbappé n’a pas pu effacer une première période catastrophique. Une nouvelle démonstration que, si le joueur du Real Madrid a porté cette équipe, son talent ne pouvait pas systématiquement masquer les lacunes collectives de cette équipe. Auteur de six réalisations et deux passes décisives, Ousmane Dembélé n’a pas affiché le même niveau qu’avec le PSG, malgré un positionnement différent sur l’aile droite.
Côté remplaçants, Manu Koné a marqué des points pendant que Rayan Cherki a lui globalement déçu lors de chacune des entrées. Ibrahima Konaté, lui, a acté son déclassement avec une nouvelle prestation en deçà, samedi soir.Si «tout n’est pas à jeter» comme l’a indiqué Didier Deschamps après la défaite face aux Anglais (4-6), celle-ci a finalement tout résumé : surclassée en première période, la France s’est révoltée,sans jamais pouvoir revenir. Ce match restera comme le dernier de Didier Deschamps après 14 années de bons et loyaux services. Une page se tourne, avec le sentiment que cette génération 2026 était moins forte que ce que les observateurs pensaient. C’est désormais à Zinédine Zidane de lui donner une autre dimension.