
Le 31 mars dernier, à Guadalajara au Mexique, l’Irak est devenu le 48e et dernier pays qualifié pour laCoupe du Monde2026. Une victoire 2-1 face à la Bolivie pour sceller le ticket et des millions d’Irakiens en liesse dans tout le pays. La scène de Graham Arnold, séléectionneur de l’Irak, dépliant un drapeau irakien dans les tribunes mexicaines a fait le tour du monde. C’était la première qualification des Lions de la Mésopotamie en Coupe du Monde depuis 1986, il y a 40 ans.«Les joueurs avaient une énorme pression sur leurs épaules, venant de 46 millions de personnes enIrak, et probablement des 10 millions d’Irakiens en dehors du pays»,a raconté le coach australien à l’AFP. Le pays tout entier attendait ce moment depuis quatre décennies. Et maintenant qu’il est là, l’Irak ne vient pas juste pour participer.
L’Irak est placé dans le groupe I face à laFrance, la Norvège et le Sénégal, probablement le groupe le plus difficile pour une équipe du chapeau 4. Et Graham Arnold ne se faisait pas d’illusions au moment du tirage au sort.«Si vous deviez passer en revue la valeur de chaque joueur, nous serions probablement l’équipe la moins cotée de ce Mondial. Mais c’est une Coupe du monde. Nos gars sont des battants. Serons-nous aussi bons techniquement qu’eux ? Non. Tactiquement, je dirais que nous serons bien. Physiquement, on y travaille.»Sur les 26 joueurs retenus, la majorité évolue dans le championnat irakien. Mais il y a des éléments qui ont acquis un vrai bagage européen. Ali Al-Hamadi, premier Irakien à disputer des minutes en Premier League avec Ipswich, désormais à Luton Town est le fer de lance offensif, buteur décisif contre la Bolivie. Derrière lui, Zidane Iqbal, formé à Manchester United et désormais à Utrecht, apporte sa vision du jeu et sa technique. Merchas Doski (Viktoria Plzen), Amir Al-Ammari (Cracovie), Kevin Yakob (Aarhus), Hussein Ali (Pogon Szczecin) complètent ce noyau euro-irakien.
C’est justement ce parfait mélange qui a fait la force de la formation de Arnold ces derniers mois. Le coach de 62 ans a construit un bloc compact, physique et difficile à manoeuvrer, autour d’une ligne défensive disciplinée. Et cette approche a déjà fait ses preuves en préparation. Jeudi, face à l’Espagne championne d’Europe en titre, certes avec un onze largement remanié, Lamine Yamal, Pedri, Rodri et Nico Williams laissés au repos, l’Irak a tenu le nul 1-1. Ferran Torres avait ouvert le score en contre-attaque (16e), mais Merchas Doski a surpris Joan Garcia d’un centre fuyant magnifique qui finit au fond des filets. Luis de la Fuente n’a pas mâché ses mots après la rencontre.«Tous les matchs sont très difficiles mais l’Irak est une équipe clairement très intense, rapide et dynamique. Elle savait aussi très bien développer un jeu collectif basé sur les combinaisons. Je l’ai trouvée très intéressante et surtout très imprévisible et très intense. Aujourd’hui, ils nous ont posé beaucoup de problèmes et nous ont mis une pression énorme.»Avant ça, l’Irak avait battu l’Andorre 1-0 et s’apprête à jouer le Venezuela aux États-Unis avant son premier match du Mondial contre la Norvège le 17 juin.
La France affrontera l’Irak le 22 juin lors du deuxième match de poule. Si les Bleus ont fait le travail contre la Sénégal, ce sera théoriquement un match de la qualification. Mais dans un Mondial élargi à 48 équipes, où le jeu s’accélère et où les outsiders préparés tactiquement peuvent faire très mal, rien n’est acquis. Encore plus avec les meilleurs troisièmes qui peuvent se qualifier. Graham Arnold avait déjà surpris plus fort que lui. En 2022, il avait conduit l’Australie en huitièmes de finale en 2022 au Qatar. Dans le groupe de la France qu’il connaît donc très bien, il avait réussi à dominer la Tunisie et le Danemark avait de s’incliner in-extremis face aux Champions du monde (1-2).«Choquez le monde», avait lancé Arnold à ses joueurs après la qualification à Guadalajara. Pour la France, le message vaut probablement un avertissement.