
Avant le début de la compétition, beaucoup voyaient l’Équateur comme la sélection capable de créer la surprise. Solides lors des éliminatoires sud-américains avec une 2e place et seulement deux petites défaites, les hommes de Sebastián Beccacece arrivaient aux États-Unis avec de nombreuses certitudes et un effectif particulièrement séduisant. EntreWillian Pacho, patron de la défense du PSG, Piero Hincapié, Moisés Caicedo ou encore Jhon Yeboah et Gonzalo Plata, la Tri semblait posséder toutes les armes pour bousculer les favoris. Certains observateurs allaient même jusqu’à en faire l’un des outsiders les plus crédibles du tournoi, capable de reproduire le parcours d’un Maroc en 2022. Deux matches plus tard, le constat est bien différent.
Tout avait pourtant plutôt bien commencé dans le jeu face à la Côte d’Ivoire. Dominateurs, les Équatoriens avaient multiplié les situations dangereuses et toucher trois fois les montants avant de finalement s’incliner à la dernière seconde sur un scénario cruel qui avait déjà laissé beaucoup de regrets. Mais le véritable coup de tonnerre est arrivé lors de la deuxième journée cette nuit. Opposée à Curaçao, nation qui dispute la premièreCoupe du Mondede son histoire, la Tri n’a pu faire mieux qu’un triste match nul (0-0). Un résultat qui fait énormément parler en Amérique du Sud. Non pas parce que l’Équateur a été dominée, bien au contraire. Les partenaires de Willian Pacho ont outrageusement dominé les débats, mais leur manque de réalisme a une nouvelle fois sauté aux yeux.
La rencontre a même tourné à la démonstration… d’Eloy Room. Le gardien de Curaçao a réalisé pas moins de 15 arrêts, un record dans une Coupe du Monde, repoussant inlassablement les tentatives souvent maladroites équatoriennes. Malgré une avalanche d’occasions et une domination territoriale constante, les hommes de Beccacece se sont heurtés à un mur. Un scénario qui a provoqué la colère des supporters présents au Kansas City Stadium. Au coup de sifflet final, le sélectionneur argentin a été copieusement hué. Face aux critiques, il a assumé ses responsabilités.« Durant les 25 premières minutes, nous avons eu cinq occasions de but. Quand on domine autant, seul un résultat décevant peut remettre cela en question. Tant au niveau du jeu lui-même que de nos intentions, l’équipe était supérieure. Je n’ai jamais vu une équipe déséquilibrée, mais plutôt une équipe qui a tout tenté. Cela crée un malaise difficile à gérer », a-t-il d’abord expliqué.
L’ancien entraîneur de Defensa y Justicia a ensuite poursuivi son analyse avec beaucoup de lucidité.« Au football, il y a des choses inexplicables. Il faut le ressentir, le vivre ; les résultats parlent d’eux-mêmes. Tout ce que je pourrais dire pourrait être contre-productif. En tant que leader du groupe, j’en suis le premier responsable. Tant que je les vois se donner à fond et se battre, je ne peux rien leur reprocher. Je tiens à ce que ce soit clair pour tout le monde : la responsabilité m’incombe entièrement. »Des mots qui traduisent parfaitement la situation actuelle de l’Équateur. Annoncée comme l’une des révélations de cette Coupe du Monde, la Tri est désormais au bord d’une élimination prématurée. Et le calendrier n’offre aucun répit puisque l’Allemagne se présente désormais sur sa route lors de la dernière journée. Une victoire sera indispensable pour espérer voir les huitièmes de finale. Autant dire qu’un immense défi attend une sélection qui était censée regarder vers le haut, mais qui se retrouve aujourd’hui au bord d’un fiasco retentissant.