
Sa carrière professionnelle, elle, s’est construite plus laborieusement. Des prêts successifs au Werder Brême, Club Bruges, Birmingham City, sans jamais réellement s’imposer à Old Trafford. Un transfert définitif à Birmingham en 2022, puis Luton Town en Championship, où il retrouve enfin une régularité de titulaire. Depuis août 2025, il porte le maillot de Sheffield United, toujours en Championship, et sa saison a été l’une de ses plus solides depuis ses années Feyenoord. Côté sélection, il a longtemps évolué dans les équipes de jeunes néerlandaises — U15, U16, U17, U19, U20, U21. La porte de la Oranje ne s’est jamais vraiment ouverte pour lui. Alors en 2025, il opte pour Curaçao, la terre de ses origines, celle où il est né.« Représenter le pays où je suis né, c’est quelque chose de très spécial. Je veux montrer au monde ce que Curaçao est capable de faire », confiait-il après avoir rejoint le groupe d’Advocaat. Pour Dick Advocaat, lui aussi, le symbole est fort :« Tahith est l’un de nos joueurs les plus importants. Son expérience et sa qualité technique sont précieuses pour ce groupe », confiait le coach de 78 ans qui avait d’ailleurs démissionné en février dernier pour s’occuper de sa fille malade avant de revenir à un mois du Mondial sur demande des joueurs.
Qu’importe, à 26 ans, Tahith Chong arrive à cette Coupe du Monde avec le poids d’une île entière sur les épaules et la liberté de celui qui sait qu’il ne sera jamais le favori. Curaçao est dans le groupe E avec l’Allemagne, la Côte d’Ivoire et l’Équateur. Autant dire que la montagne est immense. Mais l’histoire de cette île, qui a construit une équipe avec des joueurs que les Pays-Bas n’ont pas voulu, qui s’est qualifiée en terminant en tête de son groupe CONCACAF devant la Jamaïque, Trinidad et les Bermudes, est déjà extraordinaire en elle-même. Et dans cette aventure, Tahith Chong est bien plus qu’un footballeur. Il incarne cette petite île sur la plus grande scène du monde. Et ça a le mérite d’être souligné.